Membre de la commission de finalisation du projet de la nouvelle constitution, Mamadou Diarrassouba était dans la commune de N’Golobougou, région de Dioïla, ce mardi 30 mai 2023. Ce, pour informer et sensibiliser la population de ladite commune sur la nécessité de l’adoption de la présente réforme constitutionnelle. Pour la circonstance, il était accompagné par le maire de N’Golobougou, Sidi Sangaré, et Bafing Coulibaly devant un public venu des 23 villages de ladite commune, dans l’enceinte de la mairie.
Porteur du projet de la révision constitutionnelle avortée de 2017, Mamadou Diarrassouba, député d’alors, aujourd’hui membre du Conseil National de Transition (CNT), demeure animé par la même conviction de l’impérieuse nécessité de doter le Mali d’une nouvelle loi fondamentale.
Faut-il le rappeler, Mamadou Diarrassouba avait mobilisé les autorités traditionnelles, dont la fédération nationale des chasseurs du Mali, et une grande partie de la société civile et de la classe politique en faveur de cette révision. C’est dans cet ordre d’idée qu’il ne ménage aucun effort pour la réussite de la réforme en cours. D’où son engagement constant sur le terrain à sensibiliser les siens afin qu’ils adhèrent au présent projet.
Ainsi, après la session de vulgarisation de la nouvelle constitution à Dioïla, en présence de l’ensemble des forces vives des 23 communes et des 362 villages qui composent la région, il a été décidé de l’élargir à chaque commune. Dans cette optique, après les communes de Massigui, Banco, Kemekafo, Wakoro, c’était le tour de celles de Fana et de N’Golobougou ce mardi 23 mai 2023.
Dans son intervention, le maire Sidi Sangaré a salué la présence de l’ensemble des chefs de village de sa commune, des autorités religieuses et des partis politiques présents, en l’occurrence la Codem, le Modec, l’Adema et le RPM. Car, explique-t-il, cela dénote non seulement de la confiance placée en son équipe, mais de l’intérêt qu’ils accordent au sujet d’intérêt national. Partant, fera-t-il le point de leur rencontre avec le chef de l’Etat, avant d’indiquer : « A cette rencontre, nous avons promis au Président de la transition notre engagement ferme à soutenir cette réforme en comptant sur vous ».
Pour sa part, Mamadou Diarrassouba soulignera que le référendum prévu pour le 18 juin doit être au-dessus de tous les clivages. D’où l’invite à l’ensemble des forces vives et politiques à une meilleure appropriation du projet en vue d’une adhésion massive. Avant de procéder à la remise des exemplaires du projet de Constitution à l’assistance.
Par la suite, à l’instar des autres communes, Diarrassouba a levé l’équivoque sur les articles autour desquels certains désirent entretenir la confusion, avant de mettre l’accent sur les innovations majeures qui répondent aux aspirations profondes du peuple. Notamment : l’article 32 consacré à la laïcité, qui était sujet à confusion, a été clarifié par Diarrassouba, dans un bambara limpide. Pour lui, la laïcité inscrite dans le projet de constitution a été faite sous le contrôle des représentants des confessions religieuses (musulmans et chrétiens) dans la commission de finalisation de la Constitution. Ceux-ci, ajoute-t-ils, ont estimé que le mot laïcité ne doit nullement heurter la sensibilité d’une personne dotée du sens de la culture de la paix et de la tolérance. Car, argumentera-t-il, l’article 32 dispose : « La laïcité ne s’oppose pas à la religion et aux croyances. Elle a pour objectif de promouvoir et conforter le vivre-ensemble fondé sur la tolérance, le dialogue et la compréhension mutuelle. L’Etat garantit le respect de toutes les religions, des croyances, la liberté de conscience et le libre exercice des cultes dans le respect de la loi ». A la suite de ces interventions, les leaders religieux ont accordé leur violon pour que cette disposition ne soit plus un sujet à polémique.
L’article 9 relatif au mariage est une innovation majeure. Eu égard à certaines pratiques sataniques dans certains pays, où les hommes se marient et les femmes font autant, l’article 9 constitue un garde-fou contre les incrédules qui tenteraient ces pratiques malsaines au Mali. Car, précise-t-il : «Le mariage est l’union entre un homme et une femme».
D’ailleurs, l’article 31 qui valorise nos langues nationales a été apprécié par l’auditoire. Ledit article dispose : « Les langues nationales sont les langues officielles du Mali.
Une loi organique détermine les conditions et les modalités de leur emploi.
Le français est la langue de travail ». Dans son exposé, Mamadou Diarrassouba a indiqué que cette disposition permet aux citoyens de s’adresser à l’administration dans sa langue locale. Par contre, souligne-t-il, les institutions doivent communiquer entre elles en français, langue de travail.
L’autre disposition qui suscite de l’enthousiasme auprès de la population est l’article 46 ainsi stipulé : « Tout candidat aux fonctions de Président de la République doit être de nationalité malienne d’origine et ne posséder aucune autre nationalité à la date de dépôt de la candidature. Il doit être âgé de 35 ans au moins et de 75 ans au plus à la date de dépôt de la candidature et être apte à exercer la fonction».
Le règlement traditionnel de la justice donnant ainsi de la valeur ajoutée aux notabilités traditionnelles est apprécié à sa juste valeur. Plusieurs articles tels que les articles 7, 24, 31, 32, 37, 36, 44, 45, 46, 47, 53, 60, 69, 84, 95 et 129 et suivants ont été détaillés à la population.
L’autre innovation qui a retenu l’attention de l’auditoire est incluse dans l’article 129. Il s’agit des modes alternatifs et traditionnels de règlement des différends autorisés dans les conditions déterminées par la loi.
La clarté de l’exposé ayant convaincu l’assistance, déterminée à voter OUI le 18 juin. C’est du moins ce qui a été affirmé par plusieurs participants, dont Bakary Sangaré de la Codem et Broulaye Sangaré du Modec.
Oumar KONATE
