Le Centre International de Conférence de Bamako (CICB) a abrité, les mardi 16 et mercredi 17 décembre 2025, la Première réunion du Cadre de Concertation avec les Maliens Établis à l’Extérieur (CCMEX). Cette rencontre historique vise à instaurer un dialogue permanent entre l’État malien et sa diaspora.
Placée sous le haut patronage de Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, cette initiative est portée par M. Moussa Ag Attaher, ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine. Elle s’inscrit dans la dynamique des Assises nationales de la Refondation et des États généraux de la Migration tenus en août 2023, en cohérence avec la Politique nationale de migration et le Dialogue inter-malien pour la paix et la réconciliation nationale.
Un espace de dialogue salué par la diaspora
Présente à cette rencontre, Mme Dalla Dramé, présidente du Haut Conseil des Maliens de France, a exprimé sa satisfaction quant à la création de ce cadre d’échanges.
« Le CCMEX est un espace de dialogue créé pour remonter toutes les problématiques des Maliens de toute la diaspora dans le monde. C’est aussi parler d’une même voix et avoir une voix encore plus forte afin que nos préoccupations soient réellement prises en compte », a déclaré la présidente du HCM France.
Selon elle, les attentes de la diaspora, notamment celle de France, sont multiples et souvent liées à des difficultés administratives lourdes, en particulier les problèmes de correction de la carte NINA, qui impactent directement les titres de séjour, l’accès à l’emploi et au logement.
Lors de la deuxième journée des travaux, sur une dizaine de recommandations formulées, trois priorités ont été exposées oralement, les autres ayant été transmises par voie électronique pour examen.
À l’entendre sur le rapatriement des corps des Maliens en situation de détresse en France, Mme Dalla Dramé a souligné l’absence de mécanismes et de fonds dédiés pour le rapatriement des dépouilles de compatriotes décédés sans ressources ou sans famille sur place.
« Nous demandons la mise en place d’un accord-cadre ou d’un mécanisme spécifique pour permettre le rapatriement de ces corps à la demande des familles restées au Mali », a-t-elle recommandé.
En ce qui concerne le versement intégral des pensions de retraite aux Maliens retournant au pays, la responsable des Maliens résidant en France n’a pas manqué de rappeler que les nombreux retraités maliens ayant travaillé toute leur vie en France subissent une réduction de leur pension lorsqu’ils choisissent de se réinstaller au Mali.
« Notre proposition est de négocier afin que nos parents puissent percevoir leur retraite dans les mêmes conditions que s’ils résidaient en France », a-t-elle soutenu.
Quant à la correction des données administratives de la carte NINA à l’étranger, la présidente du Haut Conseil des Maliens de France a plaidé pour le renforcement des capacités techniques et humaines des consulats, afin qu’ils puissent effectuer sur place les corrections mineures (orthographe des noms et prénoms notamment), évitant ainsi des procédures longues et coûteuses au Mali.
Dans un espoir fondé sur des engagements concrets, Mme Dalla Dramé s’est montrée optimiste quant aux suites de ces recommandations. « Nous avons confiance en nos autorités. Un calendrier a déjà été établi : le comité technique se réunira deux fois par an et le comité de pilotage une fois par an. C’est un premier pas important et nous espérons que nos recommandations seront effectivement prises en compte »
Ainsi, elle a également salué l’engagement des autorités, en remerciant particulièrement le ministre des Maliens établis à l’extérieur, ainsi que M. Habib Sylla, président du Haut Conseil des Maliens établis à l’extérieur, pour avoir contribué à la mise en place de ce cadre inédit.
Somme toute, la tenue de cette première session du Cadre de concertation constitue une étape majeure dans le renforcement de la collaboration entre la diaspora et le gouvernement. Elle vient combler un vide longtemps ressenti, en établissant un pont de dialogue qui n’avait jusque-là jamais été pleinement concrétisé. Cette rencontre a été suivie par la célébration de la Journée internationale des migrants (JIM), le jeudi 18 décembre au CICB, laquelle s’est achevée par une soirée de gala.
Sidy Coulibaly pour Mali-Instant.org
