Après plusieurs mois de coupures sauvages de l’électricité ayant occasionné des dégâts importants aux usagers, le ministre de l’Energie, limité et sans initiatives, fait une sortie publique, pour se confondre en plates excuses. Comme pour dire, « je suis incapable de satisfaire vos besoins », alors qu’il avait promis d’améliorer ce service.
« Je voudrais, à l’entame de mes propos, présenter les excuses de la société EDM du Mali, au peuple malien et au nom du gouvernement, présenter les excuses de tous les travailleurs du département de l’énergie, de tous les travailleurs de l’énergie du Mali aux populations pour les désagréments subis par rapport à ces perturbations dans la fourniture du service public de l’électricité ». Ce sont là des propos provocateurs du ministre Lamine Seydou Traoré qui, décidément, ne mesure pas la désolation que les délestages électriques criminels causent aux populations. Criminels, oui, le mot n’est pas trop fort ! Car, les coupures régulières du courant électrique provoquent des morts de certains patients dans des hôpitaux et de certaines personnes âgées. Ce sont là des dégâts irréparables, sans compter les dommages et préjudices de tous genres causés à des usagers qui pourtant sont en règle avec la société Energie du Mali, dont le ministre « Lamine Calamité » est le véritable chef de tutelle !
Des espoirs déçus
Pourtant, le ministre Traoré est arrivé à la tête de ce département stratégique en 2020 portant sur la tête tous les espoirs d’un mieux-être. Et l’homme faisait entendre à tous les interlocuteurs qu’il mettra tout en œuvre pour que les délestages des périodes antérieures soient de mauvais souvenirs. Trois ans après, le voilà doté encore de courage pour venir bredouiller son français catastrophique et tenter de se justifier. La honte ne tue pas vraiment ! Où était-il quand des appareils électriques se grillaient suite à ces coupures et remises en clignotant du courant électrique ? Où était ce ministre limité lorsque, privé de ventilateurs et climatiseurs, nous étouffons dans la canicule, certains piquant des crises cardiaques et/respiratoires ? Qu’attend le président de la Transition pour limoger ce piètre membre du gouvernement, plus beau parleur que travailleur?
« En 2020, le secteur de l’électricité du Mali avait trois problèmes principaux, une forte croissance de la demande, une insuffisance de production, qui a occasionné une dépendance de notre pays vis à vis des pays étrangers dans la fourniture de l’électricité, mais aussi des difficultés financières importantes qu’éprouvait la société Energie du Mali. Pour faire face, justement à ces problèmes, à notre arrivée aux fonctions, des dispositions ont été prises par le département et par l’ensemble du gouvernement », marmonnait-il dans sa diarrhée verbale pour se dédouaner.
Mais alors, ces « dispositions » ont-elles soulagé les peines des populations ? Gouverner n’est-ce pas servir les populations et satisfaire leurs besoins moyennant le prix à payer. Pourquoi le ministricule Lamine Seydou se présente-t-il devant le peuple pour nous tympaniser sur de prétendus efforts, alors qu’il faut simplement agir. Avons-nous besoin de ce verbiage provocateur qui semble nous narguer dans nos souffrances quotidiennes de manque de courant électrique ? Comment Lamine Seydou Traoré n’a-t-il pas eu honte de se tenir devant le micro pour nous débiter encore ces malodorantes élucubrations ? « La première disposition était de faire le diagnostic qu’est-ce qui perturbe la fourniture de l’électricité au Mali? Le premier constat était lié au fait que l’Energie du Mali éprouve des difficultés financières, qui font que même l’approvisionnement régulier des centrales de production était perturbé. Deuxième cause des coupures, la vétusté des équipements qu’il fallait rénover, parce qu’il faut rappeler que le secteur a été confronté, ces dernières années, à une insuffisance d’investissement. La troisième cause de ses perturbations dans la fourniture régulièrement de l’électricité, c’est la question tarifaire. Le gouvernement a donc travaillé sur deux variantes. La première variante, c’était de mener des actions à court terme qui devraient permettre justement de faire en sorte que la souffrance des populations, même s’il y a des coupures que ces coupures puissent être moindres ».
Par ces propos, l’on l’impression que le ministre veut dire aux Maliens qu’il « travaille », alors que, de bonnes sources, il fait preuve d’incompétences notoires et de manque d’initiatives pour résoudre la crise ou, du moins amoindrir son ampleur. Il n’en fait qu’à sa tête et n’écoute pas les conseils des partenaires et experts du domaine de l’énergie qui lui en vain donné les directives à suivre pour solutionner le problème. Ce qui fait qu’on se demande à quoi sert un ministre de l’Energie dans un pays où le courant électrique et même l’eau potable manque cruellement. Alors que le ministre est régulièrement pays et touches diverses primes pour un service public irrégulier et discontinu ! Le ministre a-t-il oublié que dans certaines circonstances, mieux vaut ne pas parler plutôt que d’apparaître comme l’incarnation même de l’échec ou de la honte ! Quel manque de modestie et d’humilité et monter encore sur ses grands chevaux pour la com, alors que l’on ne demande qu’à avoir le courant et l’eau
Des subventions qui n’ont pas résolu le problème
« Aujourd’hui l’Etat est obligé régulièrement de subventionner le secteur de l’électricité. Ça veut dire qu’aujourd’hui le coût de production d’un kilowatt heure tourne entre 160 et 200 francs, tant le prix de vente est de 77 francs, ça veut dire que chaque kilowatt heure consommé, chaque fois qu’un client paye 100 000 francs à EDM pour sa facture, ça veut dire qu’en contrepartie l’Etat aussi a payé 100 000 francs pour subventionner ce même client. Ce qui fait qu’EDM est structurellement déficitaire. Il faut rappeler qu’en 2020, la demande maximum en période de pointe, la demande d’électricité du Mali tournait autour de 400 mégawatts. Sur les 400 mégawatts, 100 mégawatts provenaient de l’étranger, donc une dépendance de notre pays aussi jusqu’à 25% de notre consommation à un pays tiers. Aujourd’hui, malgré l’augmentation de cette demande qui est passée de 400 méga en 2020 aujourd’hui à 500 méga en 2023, aujourd’hui le problème de production ne se pose pas. Pourquoi, parce que l’Etat a investi justement dans les sources de production, pour pouvoir juguler cela et réduire notre dépendance vis à vis de l’extérieur ». Avec ces explications, l’on est tenté de demander au ministre si c’est le mali le premier pays à subventionner un secteur stratégique que celui de l’énergie. Alors, pourquoi lamine Seydou Traoré se fatigue à nous rabattre les oreilles avec ces « efforts », qui ne soulagent pas nos peines ? Pourquoi veut-il calmer le désarroi et la colère des consommateurs qui ne demandent la fourniture correcte de l’électricité ? A quoi sert la production, si la fourniture est déficitaire ? ne dit-on pas que quand on n’a rien à dire on se tait ? Le ministre veut-il se moquer des Maliens avec son histoire de groupes électrogènes, dont les marchés sont du reste susceptibles de vérification par le Bureau du Vérificateur Général ?
« Qu’est-ce qui a fait que nous sommes parvenus à régler ce problème d’insuffisance de production parce que l’Etat a investi dans les groupes électrogènes, dans les centrales thermiques parce que c’était des solutions à court terme. Aujourd’hui, avec tous les groupes qui sont arrivés, notamment la centrale de Sirakoro, qui est aujourd’hui en pleine capacité de production jusqu’au delà de 100 mégawatts et aujourd’hui, la difficulté réelle que nous éprouvons pour pouvoir satisfaire à la demande c’est vraiment arrivé à approvisionner ces centrales là eut égard à toutes les dettes que la société EDM avait engagé auprès de ses fournisseurs dans le passé. ». Propos de l’ancien professeur associé au CESAG de Dakar. On dirait qu’il croit s’adresser à des étudiants… Pendant ce temps, de nombreux quartiers de la capitale malienne, Bamako et d’autres villes du pays, peuvent faire plus cinq (5) heures de temps sans électricité. Tout le monde crie maintenant, surtout ces derniers temps et l’on ne sait à quel saint se vouer.
Et cet expert comptable et auditeur financier de poursuivre son one man show de communication ennuyeuse… « Pour faire face à la vétusté de équipements, la solution à court terme consiste à déployer les équipes mobiles qui vont se relayer 24h/24 pour pouvoir relever rapidement les pannes. L’Etat, entre 2020 et 2022, sur fonds propres EDM, il a été investi un montant de plus de 50 milliards pour pouvoir mettre à niveau, ne serait-ce que soulager un tout petit peu. La dernière cause, c’est les difficultés financières, là aussi énormément d’effort ont été faits par l’État pour la première fois depuis les années 2010, la subvention de l’Etat est passée de 30 milliards à 45 milliards de francs CFA. », croit chantonner le piètre ministre de l’Energie que le Mali ait jamais connu. Pour preuve, les coupures de cette année sont pires que celles des années IBK.
C’est pourquoi l’on s’empresse de montrer le chemin de la porte du gouvernement à un ministre aussi incapable que ce Lamine Seydou Traoré, s’il a encore la moindre dignité à faire prévaloir. Cela ne dépend pas du lien de parenté ou d’alliance avec un homme fort du pouvoir. Quand on est limité à la tête d’un département, on jette simplement l’éponge et on va chercher autre chose à faire !
Bruno Djito SEGBEDJI
Mali-Horizon
