Sans grande conviction, certains politiques contestataires du projet référendaire ont fini par se ranger ou presque. D’autres, par contre, continuent timidement de donner de la voix sans grande chance d’empêcher la marche vers cette nouvelle Loi fondamentale pour le Mali
Parmi les partis politiques d’envergure à avoir rejeté le projet référendaire, avant de finir par en « prendre acte », il y a l’ADEMA-PASJ. Qu’est-ce qui a changé pour que le parti de l’abeille solitaire ajoute de l’eau à son gnamakoudji (jus de gimgembre) ? Réal politik ou simple opportunisme ? Nul ne saurait le dire, mais le parti rouge et blanc promet de s’investir dans la vulgarisation du projet de texte constitutionnel initié par le président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta. Car l’ADEMA-PASJ est un parti de pouvoir et ne veut pas naviguer à contre courant du projet du Prince du jour !
Pendant ce temps, d’autres formations politiques qui étaient en verve contre cette réforme constitutionnelle, semblent ne plus vouloir donner de la voix, au risque de se faire appliquer le principe militaire selon lequel « ceux qui ne sont pas avec nous (et nos initiatives) sont contre nous ».
C’est dans ce sens que le porte-parole du gouvernement, le ministre d’Etat chargé de l’Administration territoriale et de la décentralisation, le Col Abdoulaye Maïga annonçait le vendredi dernier que l’initiative est inclusive et conforme à la loi. « Le projet de Constitution soumis au référendum est initié dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la Refondation. Il a été élaboré de façon participative avec les représentants de toutes les forces vives de la nation ». Et d’ajouter que « le projet de décret est adopté conformément aux dispositions de la loi électorale, qui prévoit la convocation des électeurs par décret pris en Conseil des Ministres et sa publication au moins un (01) mois avant le scrutin ».
Sauf que cette communication n’a pas dissuadé la Plateforme sociopolitique « Appel du 20 février 2023 pour sauver le Mali » de monter les enchères, brandissant un recours pour excès de pouvoir.. C’est à travers un « message de son coordinateur général, le magistrat Cheick Mohamed Chérif Koné, que ces contestataires réunis au sein de l’Appel du 20 février pour sauver le Mali » assure que « …l’organisation de ce référendum illégal dans la
cacophonie et la tension, dans un contexte qui ne s’y prête pas, relève de la
surenchère ». Et
Cheick Mohamed Chérif Koné, Issa Kaou Djim et leurs amis d’annoncer « attendre la disponibilité du décret portant convocation du
collège électoral en vue du référendum, pour exercer, le plus vite que possible,
notre recours en annulation, pour excès de pouvoir sur différents motifs tous
bien fondés ».
Or, il est peu évident que dans le contexte actuel, le juge de la Cour suprême, quelle que soit son indépendance, prenne la décision d’annuler ce décret pour ainsi, retarder la marche de la Transition, en cours. Ce qui veut dire que les éventuels requérants en annulation du décret convoquant le collège électoral ont toutes les chances de mordre la poussière. Ce qui ouvrira un boulevard devant le scrutin référendaire.
D’ailleurs, d’ores et déjà, quand bien même la campagne référendaire n’est pas encore ouverte (elle est prévue pour la période du 2 au 16 juin), tous les médias et l’opilion nationale sont déjà mobilisés pour un oui massif à ce scrutin. Ce qui fait prévoir que les réfractaires à ce projet d’adoption de la nouvelle Constitution pourraient échouer dans leur volonté. Ce qui peut augurer aussi d’un climat politique non décrispé dans la perspective des prochaines échéances électorales.
Bruno D SEGBEDJI
Mali-Horizon
