En vue d’informer les habitants de la commune de Massigui afin de les faire adhérer à la réforme constitutionnelle, Mamadou Diarrassouba a levé toute équivoque sur la nécessité de doter le pays d’une nouvelle constitution en adéquation avec les aspirations du peuple. Il s’est livré à cet exercice concluant le 20 mai, sous le mystique fromager de Massigui, en présence des autorités administratives et coutumières, de la société civile et des responsables de toutes formations politiques présentes dans la commune.
Pédagogue, en face d’un public qui lui voue une confiance entière, Mamadou Diarrassouba, membre de la commission de finalisation du projet de constitution, a édifié l’assistance en bambara, la langue locale.
Venu de la cinquantaine de villages de la commune de Massigui, l’auditoire a été édifié sur non seulement les articles autour desquels certains veulent entretenir la confusion, mais aussi les innovations majeures qui répondent aux aspirations profondes du peuple. Notamment : l’article 32 consacré à la laïcité. Sous le magistère de Diarrassouba, le professeur de philo du Lycée public de Massigui, Badra Ali Sidibé, donnera des précisions dans un bambara limpide. Pour lui, la laïcité inscrite dans le projet de constitution ne doit nullement heurté la sensibilité d’une personne dotée du sens de la culture de la paix et de la tolérance. Car, argumentera-t-il, l’article 32 stipule : « La laïcité ne s’oppose pas à la religion et aux croyances. Elle a pour objectif de promouvoir et conforter le vivre-ensemble fondé sur la tolérance, le dialogue et la compréhension mutuelle. L’Etat garantit le respect de toutes les religions, des croyances, la liberté de conscience et le libre exercice des cultes dans le respect de la loi ». A la suite de ces interventions, le Pasteur de Massigui et les leaders religieux ont accordé leur violon pour que cette disposition ne soit plus un sujet à polémique, car nos religions prônent la tolérance.
Au regard de certaines pratiques sataniques dans certains pays, le mariage inscrit à l’article 9 constitue un garde-fou contre les incrédules qui tenteraient ces pratiques. Car, il précise : « Le mariage et la famille, qui constituent le fondement naturel de la vie en société, sont protégés
et promus par l’Etat. Le mariage est l’union entre un homme et une femme».
Aussi, l’article 31 qui valorise nos langues nationales a été apprécié par l’auditoire. Ledit article disposeque « les langues nationales sont les langues officielles du Mali.
Une loi organique détermine les conditions et les modalités de leur emploi.
Le français est la langue de travail ». A en croire Mamadou Diarrassouba, cette disposition permet aux citoyens de s’adresser à l’administration dans sa langue locale. Par contre, indique-t-il, les institutions doivent communiquer entre elle en français, langue de travail.
L’autre disposition qui suscite de l’engouement auprès de la population de Massigui est l’article 46 ainsi stipulé : « Tout candidat aux fonctions de Président de la République doit être de nationalité malienne d’origine et ne posséder aucune autre nationalité à la date de dépôt de la candidature.
Il doit jouir de tous ses droits civils et politiques, être de bonne moralité et de grande probité.
Il doit être âgé de 35 ans au moins et de 75 ans au plus à la date de dépôt de la candidature et être apte à exercer la fonction ».
Le règlement traditionnel de la justice donnant ainsi de la valeur ajoutée aux notabilités traditionnelles est apprécié à sa juste valeur.
Faut-il le souligner, les articles 7, 24, 37, 36, 44, 46, 47, 53, 60, 69, 84, 129 et suivants ont été détaillés à la population.
A la fin de l’exercice, bien que les campagnes ne soient pas encore ouvertes, la population a exprimé son impatience pour assurer une victoire éclatante au « oui ».
Oumar KONATE
