Commanditaire de l’audit sur la gestion financière dans son département, le ministre de la jeunesse et des sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba est un cas d’école en matière de transparence dans la gestion des affaires publiques. Il est l’un des rares, pour ne pas dire le seul ministre de la transition à animer une conférence de presse mensuelle pour présenter les activités du mois à l’opinion nationale.
Engagé pour la réussite de la transition, le ministre de la jeunesse et des sports, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba se veut transparent dans la gestion des affaires publiques. Réputé pour son intégrité, le Ministre Fomba se montre intransigeant sur la gestion parcimonieuse du denier public. Ce, afin de renforcer non seulement la crédibilité de la transition, mais aussi de sauvegarder son image saine. Conformément à cet esprit, il veille à se faire entourer par des cadres valables. Les collaborateurs véreux ne peuvent prospérer dans son environnement.
Ainsi, pour tirer le vrai de l’ivrai, il a sollicité un audit dans son département pour faire taire les suspicions de corruption ou de détournement. Ce, afin de tirer les leçons d’un éventuel cas de malversation financière. Mieux, a-t-il créé une inspection au sein du Département de la jeunesse et des sports.
Eu égard à la pertinence de la requête, le Bureau du vérificateur a dépêché les vérificateurs qui ont rendu publiques les conclusions de leur vérification.
Le rapport est accablant. Des irrégularités financières s’élevant à plus de 345 millions de FCFA sont décelées.
Certes, la gestion du Département est épinglée, mais le ministre n’est pas concerné. Dans le rapport, il est blanc comme neige.
Comme le précise le document du bureau du vérificateur, la présente vérification a pour objet la gestion de la Direction des Finances et du Matériel (DFM) du Ministère de la Jeunesse et des Sports, au titre des exercices 2023 et 2024 (31 août).
Les irrégularités sont relatives aux dépenses irrégulières effectuées lors des Jeux Olympiques pour un montant de 4 010 140 FCFA ; à la justification de dépenses par de fausses factures pour un montant de 74 789 547 FCFA ; à la réutilisation de factures pour justifier des dépenses pour un montant de 30 278 565 FCFA ; au règlement de dépenses indues lors des compétitions sportives internationales pour un montant de 142 881 982 FCFA ; au paiement de dépenses inéligibles pour un montant de 45 465 200 FCFA ; au paiement irrégulier de primes suite à l’ajout de noms fictifs pour un montant de 20 000 000 FCFA ; au non-reversement des retenues de TVA sur les factures payées aux fournisseurs pour un montant de 9 465 953 FCFA ; au non-reversement au Trésor Public des frais de voyage de l’Équipe Sénior du Mali à la CAN 2023 pour un montant de 18 676 200 FCFA par le Directeur des Finances et du Matériel.
D’autres irrégularités issues des rapports du Végal et de l’inspection du Département
Au cours de sa traditionnelle conférence de presse, tenue ce jeudi 30 janvier 2025, le Ministre chargé de la jeunesse et des Sports a effleuré les irrégularités révélées par les rapports du Vegal et de l’Inspection de finance de la Jeunesse et des Sports. Ledit rapport, souligne-t-il, épingle le Cnosm et la Femafoot.
Loin de l’acharnement contre qui que ce soit, l’objectif recherché par ces différentes vérifications est de régulariser les dépenses publiques au niveau de son Département. Déjà, au niveau de la Femafoot et du Cnosm, certains montants ont été régularisés. S’il faut une régularisation ou un remboursement au niveau de la DFM, le Directeur de Finances et de matériel va rembourser. Personne ne mangera impunément le denier public, a précisé le Ministre Fomba.
Dans les coulisses, des indiscrétions font état d’achats d’équipements fictifs, des frais de transport et d’hébergement des JO irrégulièrement payés, la violation du point 38.3 de la Charte Olympique en faisant prendre en charge la délégation malienne aux JO par le Budget National. Aussi, rapportent les mêmes sources, la Femafoot aussi est épinglée pour rembourser plus de 18 millions de francs CFA.
Avec les audits, apprend-on de sources proches du dossier, l’Etat a déjà perçu plus de 40 millions de remboursements.
Il est également reproché au Cnosm de bénéficier de la subvention de l’Etat mais l’occulte dans ses textes règlementaires.
Oumar KONATE
