Le rapport d’audit des mines du Mali, fin prêt, en mains ; voilà que le Colonel Assimi Goïta, président de la transition, le décrète aussitôt. C’était le plus solennellement du monde, à l’issue du conseil de ministres du 29 mars dernier, quant il a instruit au gouvernement de mettre en application les conclusions et les recommandations dudit rapport. Une ambiance bien sereine du palais de Koulouba qui tranche nettement avec les inquiétudes racontées chez le groupement des professionnels du secteur minier du Mali (GPSMM). Et pour cause ? Là, on s’inquiète de l’empressement, par lequel ce document a été remis au chef de l’Etat alors qu’il n’est que provisoire. Une controverse née autour du rapport d’audit des mines avant même son entrée en scène…
Du rapport d’audit des 15 mines du Mali, remis au président de la transition, en pleine délibération du conseil des ministres, il révèle que le pays ; ô phénomène trop longtemps décrié, ne gagne que des miettes dans l’exploitation de l’or.
Eh bien ! Voilà, pour inverser cette fâcheuse tendance, apprend-on dans les recommandations formulées, et articulées autour d’actions phares, dans ledit rapport, on parle de la création de deux commissions, dont une pour la négociation et ou la renégociation des conventions minières, et l’autre pour le recouvrement.
Cette nouvelle démarche des autorités a suscité de tollé au sein du groupement des professionnels du secteur minier du Mali. C’est du moins ce qui ressort de la réunion ordinaire, tenue le 30 mars dernier, au siège du regroupement, sis à Faladié.
En effet, au cours de cette réunion, nous apprend-on de sources concordantes, le président de séance a informé ses pairs que la correspondance qui devrait être transmise à la présidence de la République, décidée, à cet effet, lors de la réunion du 8 Mars, relative à la suspension de l’attribution des titres miniers, était fin prête à être acheminée la semaine suivante. Il a notamment insisté sur le fait que c’est à travers un communiqué de presse, en date du 28 Novembre 2022, que le Ministre des Mines de l’énergie et de l’eau en a décidé ainsi pendant qu’au-delà d’avoir indiqué dans ladite correspondance les désagréments que la suspension a causé et continue de causer aux opérateurs miniers, le groupement souhaitait rencontrer le président de la République en personne en vue d’échanger avec lui, de vive voix, sur les sujets brûlants du secteur des mines.
Sur le rapport d’audit provisoire, remis au président le Jeudi 23 Mars dernier, par les consultants (les Cabinets Inventus et Mazars), le conférencier, Mahamadou Samaké indiquera, au cours de la même rencontre des professionnels, que ce sujet a fait l’objet de beaucoup de débats et de polémiques surtout que le gouvernement en a fait cas, lors du conseil de ministres, tenu courant 29 Mars dernier.
Pour la circonstance, et face à la question, l’assistance a exprimé son incompréhension et son scepticisme quant à ce que les professionnels du secteur qualifient d’empressement, par lequel le document a été remis au président de la République. Un rapport, dit-on, pour le moment provisoire, pour lequel le président de la transition a aussitôt instruit au Premier ministre la mise en œuvre effective des recommandations.
Comme on devrait s’y attendre, les participants à la réunion ont émis de sérieuses réserves et soulevé de nombreuses inquiétudes «par rapport à la démarche souhaitée par le Gouvernement lors du Conseil de ministre du 29 Mars qui va consister à associer les compagnies minières aux futures négociations avec le Ministre des Finances en collaboration avec son homologue des Mines ; qu’il y avait une jurisprudence, une expérience amère par rapport à l’adoption du dernier code minier dans lequel les observations et propositions des compagnies minières ont été superbement ignorées ».
Pour obtenir un partenariat gagnant-gagnant, comme on le réclame à cor et à cri, dans le milieu des mines, certains professionnels du secteur ne cachent pas leur volonté d’approcher le ministre des mines, en sa qualité de chef département de tutelle, pour savoir sa position sur le rapport d’audit, tout en déplorant son implication dans le processus.
Ainsi, face aux échos, pour le moins controversés autour de ce rapport d’audit, la rencontre des professionnels émettra plusieurs recommandations, comme celles de demander au ministre des Finances la mise à la disposition copie dudit rapport à toutes les Sociétés minières concernées; la mise en place urgente d’une commission d’analyse et d’harmonisation des recommandations des sociétés minières concernées ; la participation du groupement aux futures négociations envisagées par le gouvernement à travers cette commission ; la redynamisation de la politique de communication des professionnels qui se doit d’être intense en vue d’édifier d’avantage l’opinion nationale sur le secteur, surtout l’apport des industries dans le budget ; l’implication du conseil national du patronat du Mali (CNPM), aux côtés des mines pour les négociations; la réactivation de la demande d’audience du groupement des professionnels des mines, adressée à la commission mines du CNT, voire la mise à disposition de certaines sociétés minières des documents du Groupement (Leo Lithium, Eandevour, Morila).
Pour couronner le tout, la réunion a eu la bienveillance de mettre en place une commission de onze membres qui devait tenir sa toute première réunion, le jeudi 06 Avril passé.
Oumar KONATE
