Après avoir échoué sur le terrain du terrorisme, les adeptes de la Charia tentent de faire du Mali une République islamique. Pour eux, la meilleure façon de parvenir à leur fin est de passer par la nouvelle Constitution. C’est ainsi qu’ils ont d’abord chauffé les oreilles des Maliens pendant quelques semaines lorsqu’il s’est agi de réviser l’avant-projet de Constitution. Chaque jour, ces imams passaient le clair de leur temps à combattre la laïcité. Aujourd’hui, les mêmes religieux se sont mobilisés pour encore chauffer les réseaux sociaux avec la notion de laïcité.
La dernière mouture de l’avant-projet de Constitution présentée récemment à AssimiGoïta met fin au processus de révision de l’avant-projet de Constitution. Mais cela ne décourage pas les imams qui veulent faire du Mali une République islamique. Ils doivent attendre le référendum pour s’exprimer contre le projet de Loi fondamentale en votant contre. Malheureusement, leur combat est voué à l’échec d’avance car les Maliens ne se sentent pas concernés.
Croyant pouvoir transformer le pays en une République islamique, ces religieux ont multiplié les sorties médiatiques et les communiqués contre la laïcité. Certains de ces imams se sont réunis au sein de l’Imama, l’organisation des imams, pour demander que la laïcité soit interdite dans la Constitution malienne.
Pour ces imams, le Mali doit être une République islamique. Ce qui signifie qu’ils imposent l’islam comme la religion d’Etat par la loi. Mais la demande des imams qui voulaient réussir là où les terroristes ont échoué a été ignorée par l’avant-projet de Constitution. La deuxième commission mise en place par le président AssimiGoïta a travaillé pendant 15 jours pour finaliser l’avant-projet de Constitution. Les Maliens qui ont été consultés par la commission ont souhaité le maintien de la laïcité dans la Constitution.
Le Mali restera une République laïque, que la nouvelle Constitution soit adoptée ou pas par référendum. En effet, les Maliens ne se reconnaissent pas dans la démarche des imams qui veulent d’une République islamique. Les rédacteurs de la nouvelle Constitution ont précisé que la laïcité ne s’oppose pas aux religions, mais elle garantit la liberté pour chaque Malien de pratiquer sa religion. Mais les imams ne veulent pas baisser les bras. Ils ont communiqué leur opposition à l’article de l’avant-projet de Constitution sur la laïcité. Malheureusement, ces imams oublient qu’il n’y a pas que des musulmans au Mali.
En plus des Chrétiens, il existe d’autres croyances qui ont besoin d’être sous la protection de l’Etat tout comme la croyance des imams.
La liberté sera accordée à chaque Malien pour pratiquer sa religion dans le respect de la loi. Par ailleurs, il y a des musulmans qui refusent de suivre les imams qui se battent contre la laïcité de l’Etat. Le souhait de ces imams est que l’islam soit imposé à tout le monde par la loi. Or, il y a de nombreux musulmans qui ne veulent pas subir la rigueur de la charia, la loi islamique. Beaucoup ont adhéré à l’islam sans contrainte au Mali. Si la loi devrait obliger les gens à suivre toutes les prescriptions coraniques, c’est sûr que de nombreux fidèles musulmans se sentiront mal à l’aise avec la loi. Les Wahabites sont les plus motivés pour combattre la laïcité qui garantit le droit d’existence à chaque religion au Mali.
Les jours à venir détermineront le degré d’engagement des imams à poursuivre leur combat contre la laïcité. En ce qui concerne l’opinion des Maliens de façon générale, les gens veulent que les différences de croyance soient respectées. Les traditions africaines ont aussi leurs défenseurs qui pensent que les imams et leur idéologie constituent des menaces pour leur existence. C’est pour empêcher que toutes ces tendances qui composent la société malienne ne viennent à l’affrontement que la laïcité est maintenue dans l’avant-projet de Constitution.
Nouhoum DICKO
L’ALERTE
