Les entreprises maliennes pourront bientôt avoir la possibilité de faire affaire au Niger et au Burkina Faso. Les entreprises de ces deux pays aussi pourront venir au Mali afin de s’installer en vertu d’un accord. A l’initiative du Mali, le Protocole d’Accord de coopération dans le domaine de l’Entreprenariat, de l’Emploi et de la Formation professionnelle est élaboré dans le cadre de la mise en œuvre de la Feuille de route de la Confédération des Etats du Sahel.
Un protocole dans ce sens vise, entre autres, l’harmonisation des politiques de l’emploi, de l’entreprenariat et des curricula dans le domaine de la formation professionnelle, à travers la voie d’échanges de bonnes pratiques, de savoir-faire, d’expériences, d’informations, de documents et l’organisation de séminaires et de manifestations scientifiques. Le protocole, devant être conclu pour une durée de 05 ans, constitue un cadre de collaboration pour relever les défis auxquels les pays de l’Alliance des Etats du Sahel sont confrontés.
Une journée de plaidoyer de haut niveau, tenue le 24 octobre 2024, était placée sous la présidence du Premier ministre. Dans la même veine, le ministre de l’Industrie et du Commerce travaillait sur l’organisation de la première rencontre des ministres chargés de l’Industrie et du Commerce de la Confédération des Etats du Sahel, le 19 octobre 2024 à Bamako. Cette rencontre des ministres chargés de l’Industrie et du Commerce s’inscrivait dans le cadre de l’opérationnalisation des décisions et recommandations du Sommet des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel, tenu à Niamey le 06 juillet 2024.
Rappelons qu’en 2018, l’Etat a pris des mesures d’orientation de la commande publique vers les Petites et Moyennes entreprises et la production nationale. Le gouvernement du Mali a institué un régime préférentiel pour les entreprises artisanales et autres Micros, Petites et Moyennes Entreprises dans le cadre des acquisitions en dessous des seuils d’application des procédures du Code des Marchés publics et des acquisitions pouvant être satisfaites par la production nationale.
Pour atteindre cet objectif, plusieurs activités ont été menées dont, entre autres, la formation de 179 acteurs publics sur la prise en compte du genre dans le processus de passation des marchés publics, l’acquisition de nouvelles capacités au profit de 242 femmes entrepreneures, l’organisation de voyages d’études et d’échanges d’expériences sur la prise en compte du genre dans la commande publique.
En prélude de la rencontre ministérielle, une réunion des experts des trois pays s’est tenue les 17 et 18 octobre 2024. Les représentants des chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture se sont également concertés sur des projets d’accord-cadre de collaboration et de partenariat. La rencontre de Bamako a examiné et adopté les actions et propositions de nature à assurer l’opérationnalisation des engagements pris par les Chefs d’Etat à travers un plan d’action portant sur : le développement industriel et la compétitivité du secteur privé dans la Confédération ; l’amélioration du climat des affaires et de l’attractivité des investissements étrangers directs au sein l’AES ; la facilitation et l’accroissement des échanges commerciaux intra-AES ; la normalisation et les questions de qualité des produits dans l’AES.
Il y a aussi la lutte contre la fraude et la concurrence déloyale dans la Confédération. Au terme des travaux, la rencontre des ministres a adopté la « déclaration de Bamako » et institué un cadre de suivi-évaluation. Deux conventions cadre de collaboration concernant la création de l’Alliance des Chambres de Commerce et d’Industrie et de l’Alliance des Chambres Consulaires d’Agriculture de l’AES ont été signées.
Pour préparer le terrain à cette union des économies des trois pays, le Mali réforme ses institutions financières. Il est particulièrement engagé dans des réformes économiques et financières. Des services financiers sont en train d’être révisés pour permettre à l’Etat et aux citoyens de mieux tirer profit des offres de service. En attendant la réforme du Trésor public, d’autres services associés sont révisés par les autorités.
Selon des observateurs, ces réformes ont pour but de préparer le terrain à une transformation du système financier du pays comme au Burkina Faso dont le Trésor a ouvert un service banquier. Ainsi, de nouveaux textes encadrent les services rattachés au Trésor comme la Caisse des Dépôts et Consignations du Mali. Ce service a été créé par la Loi n°63-77/AN-RM du 27 décembre 1963. De sa création à nos jours, une petite portion de ses attributions est exercée par une Section de l’Agence Comptable Centrale du Trésor qui n’est pas compétente pour exercer toutes les attributions dévolues à la Caisse des Dépôts et Consignations.
Face à la nécessité de disposer de ressources financières abondantes et peu onéreuses, il est important d’explorer d’autres sources de financement à long terme pour des projets productifs. Les Caisses des Dépôts et Consignations jouent un rôle unique dans la communauté de l’investissement financier à long terme du fait de leur mode opératoire, qui consiste à gérer l’épargne réglementée qui leur est confiée par les Etats pour la transformer en investissements dans des secteurs d’intérêt public.
Cela concerne les infrastructures, les entreprises, le logement, le financement des PME/PMI, le financement des besoins des Collectivités territoriales.
Les projets de texte, adoptés, créent la Caisse des Dépôts et Consignations du Mali avec pour mission la réception, l’administration et la conservation pendant tout le temps nécessaire et dans les circonstances légalement et administrativement prévues, les sommes qu’il importe de protéger, à raison soit de leur origine, soit d’un litige, d’un état d’indécision ou d’une affectation dont elles sont l’objet.
Madou COULOU
