Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, l’Association pour la Promotion des Femmes par les TIC, MUSODEV, a procédé, jeudi 04 décembre 2025, sur le terrain Danaya de Niamakoro, au lancement officiel de l’application mobile “Zéro VBG”, présentée par sa directrice exécutive, Mme Porcho Marguerite Sogoba. Cette innovation s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de prévention, protection, autonomisation et sécurisation des femmes et des filles.
La cérémonie, présidée par le directeur national du Programme de Lutte contre l’Abandon des Violences Basées sur le Genre (PNVBG), M. Youssouf Bagayogo, a réuni plusieurs personnalités publiques et privées dont le Maire de Niamakoro, l’Adjudant-chef Adam Sidibé du commissariat de police de Niamakoro, ainsi que Mme Oumou Bolly Diallo de PROMODEF, représentant WILDAF et un large public de jeunes, d’organisations communautaires et d’acteurs engagés contre les VBG était également présent.
Les violences basées sur le genre constituent un frein majeur au progrès social, à l’égalité et au développement humain au Mali. Les données récentes soulignent l’urgence d’agir. Selon les résultats de l’EDSM VII 2023-2024 et du GBVIMS 2024, la situation demeure préoccupante : 32 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques, 11 % des femmes de la même tranche d’âge ont été victimes de violences sexuelles, les mutilations génitales féminines touchent encore 89 % des femmes de 15 à 49 ans, en 2024, 22 777 cas de VBG ont été rapportés, dont 98 % concernent des femmes et des filles.
Ces statistiques mettent en évidence une réalité alarmante, marquée par des violences physiques, psychologiques, économiques et sexuelles, et rappellent la nécessité impérieuse de renforcer la prévention, la protection et la prise en charge des survivantes.
Prenant la parole, la directrice exécutive de MUSODEV, Mme Porcho Marguerite Sogoba, a rappelé que la nouvelle version de l’application n’est pas un simple outil numérique, mais un véritable instrument d’autonomisation, de sécurité, de prévention et d’alerte.
Fruit de plusieurs mois de travail en collaboration avec les services techniques de l’État, dont le PNVBG et l’Office national de la santé de la reproduction, l’application fait aujourd’hui peau neuve, avec d’importantes innovations, notamment nouveautés de la version améliorée, ajout d’une rubrique sur la santé sexuelle et reproductive, enrichissement de la section VBG avec les lois nationales, les conventions internationales, mise à disposition de nouvelles langues : Mandingue, Kasonké, Songhaï, en complément du Bambara, Peulh et Soninké, intégration de vidéos de sensibilisation et de prévention, création d’un espace sécurisé de gestion des cas, destiné exclusivement aux structures de prise en charge ; extension géographique : déploiement dès maintenant dans les zones de Kayes et Kita, avec une stratégie d’expansion nationale.
Aussi, Mme Porcho Marguerite Sogoba a salué l’engagement de WILDAF Mali, PROMODEF et des cliniques juridiques qui constituent les « bras armés » de Zéro VBG pour assurer l’accompagnement psychologique, social, juridique et sécuritaire des survivantes.
« Il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas seulement d’un simple conflit de rôle ou de mœurs, il s’agit de violences physiques, psychologiques, économiques, et malheureusement aujourd’hui de cyberviolences qui menacent l’intégrité et la dignité des femmes et des filles », a-t-t-elle déclaré. Avant de poursuivre que les VBG sont une entrave au développement de la nation tout entière. Elles sont, selon la conceptrice, un frein au avenir collectif. « L’application mobile “Zéro VBG” offre une solution sûre et précise. Elle propose une plate-forme numérique pour signaler, éviter, orienter les survivantes vers l’aide qu’il faut. Elle brise le silence et met un téléphone mobile entre les mains des victimes comme bouclier numérique », a indiqué Marguerite Sogoba.
De son côté, M. Youssouf Bagayogo a rappelé l’importance de l’unité d’action face au phénomène. Il a souligné que Zéro VBG constitue un outil de sensibilisation de masse, un instrument de prévention, un mécanisme de réponse multisectorielle sur le plan médical, psychosociale, juridique, sécuritaire et socio-économique.
En insistant sur la pertinence de l’outil dans un contexte où les violences numériques prennent de l’ampleur, M Bagayogo a rappelé l’importance de comprendre les bonnes pratiques de communication en ligne.
Ainsi, le PNVBG réaffirme son soutien total à l’application, déjà testée dans les régions de Kita et Kayes, avec l’ambition de l’étendre à l’échelle nationale et de la connecter aux One Stop Centers intégrés dans les hôpitaux et CSREF.
Hommage et mobilisation des jeunes
Au cours de cette rencontre, tout comme la directrice exécutive de MUSODEV, la slameuse Madoussou Sidibé a offert une prestation émouvante en hommage aux femmes victimes de violences, et particulièrement à Oumou Bella Boré, ancienne chargée de programme VBG/ Droits des femmes à ONU Femmes Mali, décédée. Actrice clé dans la conception de l’application, son engagement a été salué par l’ensemble des intervenants.
Les jeunes, ayant participé à la cérémonie, ont pu télécharger l’application grâce à un QR code, marquant ainsi l’appropriation immédiate du nouvel outil.
Faut-il le rappeler, MUSODEV est une association dédiée à l’autonomisation et à la promotion des femmes et des filles à travers les Technologies de l’Information et de la Communication. Elle conçoit et met en œuvre des projets innovants visant à garantir sécurité, dignité, éducation numérique et égalité.
Sidy Coulibaly
