La qualité sanitaire de l’alimentation de rue demeure une préoccupation majeure de santé publique pour la FAO et les autorités nationales. C’est dans ce contexte que près de cinquante acteurs du secteur alimentaire ont pris part, du 22 au 24 décembre, à une session de formation et de sensibilisation organisée dans la salle de réunion de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments (ANSSA) à Bamako.
Pendant trois jours, restaurateurs de rue, inspecteurs sanitaires et responsables du contrôle ont renforcé leurs capacités en matière de bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité sanitaire des aliments, dans l’objectif de réduire les risques sanitaires liés à la consommation d’aliments de rue.
Cette activité s’inscrit dans le cadre d’un projet sous-régional mis en œuvre au Mali, au Burkina Faso et au Sénégal, visant à améliorer durablement la qualité sanitaire de l’alimentation de rue, un secteur vital pour les populations urbaines.
Pour Dr Abdoul Aziz Kossibo, spécialiste de la coordination technique des projets du secteur central des aliments et de la nutrition à la FAO, l’amélioration de l’alimentation de rue constitue un enjeu majeur de santé publique. « Dans nos pays, de nombreux travailleurs, fonctionnaires et ouvriers vivent ou se déplacent vers les grandes villes. Se nourrir en dehors du cadre familial devient alors une nécessité. Il est donc indispensable de garantir la qualité sanitaire des aliments consommés », a-t-il expliqué.
Financé par la coopération du Grand-Duché de Luxembourg à hauteur de 2,32 millions de dollars américains, le projet est prévu sur une durée de quatre ans et demi pour les trois pays bénéficiaires (le Mali, le BurkinaFaso et le Sénégal. Il vise à renforcer les capacités de réponse aux besoins de sécurité sanitaire des aliments et à améliorer la qualité de l’alimentation de rue, conformément aux objectifs de la FAO : meilleure production, meilleure nutrition, meilleur environnement et meilleure qualité de vie.
Rappelons que le projet a été officiellement lancé en avril 2023 à Dakar, en présence de hauts responsables des pays concernés, dont des représentants de plusieurs ministères maliens, notamment ceux en charge de l’Agriculture, de la Santé et du Développement social et de l’Environnement.
Prévenir et gérer les intoxications alimentaires
De son côté, Mme Diarra Dioume Cissé, cheffe du service Promotion et bonnes pratiques alimentaires au département Nutrition et sécurité sanitaire des aliments de l’Institut national de santé publique (INSP), a mis l’accent sur la dimension préventive du projet. « L’objectif principal de cet atelier est de sensibiliser les restaurateurs de rue aux bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité sanitaire des aliments », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que le projet, lancé dès 2023, a permis l’élaboration d’un plan de riposte aux intoxications alimentaires, destiné à garantir une réponse rapide et coordonnée en cas de crise sanitaire majeure. « En cas d’intoxication alimentaire de grande ampleur, tous les services concernés se mobilisent immédiatement pour gérer l’urgence », a précisé Mme Cissé.
Participant à cette formation, M. Fousseyni Cissé, président de l’Association des restaurateurs du district de Bamako (AREDIPA) et du Groupement professionnel des restaurateurs et transformateurs du Mali, a salué l’initiative et l’engagement des partenaires. « Selon les rapports de l’Enquête sur la sécurité sanitaire des aliments, la consommation d’aliments insalubres a causé de nombreuses maladies au cours des trois dernières années. Cette formation est donc une nécessité », a-t-il souligné.
Il a rappelé que le projet a démarré officiellement à Bamako il y a environ un an, après une phase de diagnostic et de formulation de recommandations, avant d’entrer aujourd’hui dans sa phase opérationnelle.
Clôturé le 24 décembre, l’atelier a mis l’accent sur le changement de comportement des restaurateurs dans la manipulation, la préparation et la mise à disposition des aliments. « Les recommandations existent. Il appartient désormais aux restaurateurs de les appliquer concrètement pour protéger la santé des consommateurs », a conclu M. Fousseyni Cissé.
Tidiane Bamadio
