Sous le leadership des ministres chargés de l’Education, de la Santé et de la Promotion de la Femme, le Mali, a célébré, le dimanche 28 mai 2023, la journée mondiale de l’hygiène menstruelle au groupe scolaire de Kati-Koko. L’objectif était de mettre fin à la précarité et à la stigmatisation des menstrues à l’école.
Après le traditionnel mot de bienvenue du coordonnateur des chefs de quartiers de Kati, Tiécoura Koné, le Maire de la commune urbaine de Kati, Yoro Ouologuem s’est dit très honoré de recevoir les kits sanitaires pour les filles de l’école de Kati-Koko. Pour lui, ce thème était auparavant un sujet tabou, mais qu’ensemble, « nous pouvons rompre le silence pour permettre à la communauté scolaire d’échanger sur l’amélioration de la gestion menstruelle ».
La présidente de la plateforme nationale pour la promotion de la gestion hygiénique menstruelle, Mme Barry Aminata Touré, a indiqué que cette journée est une opportunité pour interpeller les décideurs, afin d’améliorer les infrastructures sanitaires en milieu scolaire et dans les lieux publics. A l’en croire, c’est dans le but d’augmenter la scolarisation des filles, leur participation et maintien à l’école même pendant les règles. « La question de l’hygiène menstruelle demeure toujours un sujet tabou au Mali. Sa gestion en général, dans les communautés, dans les familles, en particulier à l’école, demeure toujours un défi surtout pour les élèves adolescentes et les enseignantes » a-t-elle ajouté.
Pour sa part, la représentante de Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), Andréa Berther, soutiendra que les récentes études menées par l’ONU-Femme en Afrique ont montré que les jeunes filles et les femmes disposent de très peu de connaissances et d’informations sur les menstruations. Pour Andréa, les filles et les femmes n’ont pas assez d’informations sur les changements biologiques liés aux menstruations, ainsi que sur les différentes options, qui s’offrent à elles pour une gestion sûre et hygiénique. Elle soutiendra que ladite journée est un moment d’engagement, qui nous conduira vers des actions tangibles, soutenues et durables pour assurer le bien-être des jeunes, qui contribueront au développement du pays.
Dans la même veine, le Secrétaire général du ministère de l’Education Nationale, Kinane Ag Gadeda, a souligné que le but de la célébration de l’hygiène menstruelle est de rompre le silence et diffuser des informations pour permettre à la communauté en général et la communauté scolaire en particulier de communiquer et d’échanger sur l’amélioration de la gestion menstruelle. Elle est aussi, selon lui, une opportunité pour interpeller les décideurs, afin d’améliorer les infrastructures sanitaires en milieu scolaire et dans les lieux publics dans le but d’augmenter la fréquentation scolaire des filles, leur participation et leur maintien à l’école même pendant les règles.
Pour le Segal, 66% des filles en Afrique ne disposent pas d’une bonne information sur la menstruation, avant d’être confrontée à leurs premières règles. Il estime que cela rend l’expérience « négative et parfois traumatisante ». Il a confirmé que sur le continent africain, une fille sur dix en âge de scolarisation s’absente régulièrement de l’école pendant ses règles menstruelles. « En 2018, le gouvernement du Mali, à travers le ministère de l’Education Nationale, a intégré l’hygiène menstruelle dans les politiques et stratégies en milieu scolaire. Ces politiques se traduisent par l’adoption du plan stratégique WASH 2022-2025, l’intégration de la gestion de l’hygiène menstruelle dans le curriculum de l’enseignement fondamental II et l’annonce de son intégration au niveau du fondamental I » a-t-il déclaré.
Et Gaoussou Ouologuem, parlant au nom de la Directrice Régionale de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille de Koulikoro, Mme Bocoum Awa Guindo, empêchée, d’ajouter que cette journée permettra aux filles de savoir que le cycle menstruel n’est pas une maladie, comme certains le pensent. Pour lui, ça ne doit pas être un sujet tabou, surtout entre les filles et les mamans et même entre les époux et les épouses.
Rappelons que la cérémonie a pris fin par la visite des latrines et la remise des kits et les outils de gestion de l’hygiène menstruelle aux différents services techniques présents et à l’école de Kati Koko.
Abréhima GNISSAMA
Mali-Horizon
