Sur proposition du Chef du gouvernement, on a appris que le Président de la transition a abrogé par décret 15 nominations ministérielles et procédé à de nouvelles nominations ce samedi 1er juillet 2023. Cette décision a réservé d’énormes surprises à la plupart des hommes politiques dont le Premier ministre lui-même.
Au sein de l’exécutif, le patron du M5 RFP n’a plus de pouvoir. En effet, on a beaucoup parlé du sort du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga avant l’entrée de nouveaux ministres dans le gouvernement. Certains avaient misé sur le départ du patron du M5 RFP, mais il a été maintenu au finish. Malheureusement, il sort plus affaibli dans cette histoire, ses lieutenants ayant été balayés presque tous.
Le constat est que sur les 15 ministres démis, 2 ont été redéployés. Ainsi, enlevé du département de la Jeunesse, des Sports, de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Mossa Ag Attaher a permuté, devenant ministre de l’Intégration africaine et des Maliens établis à l’Extérieur. En outre, précédemment ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, Youba Ba s’est vu confier le portefeuille de l’Elevage et de la Pêche. On constate que le M5 RFP, mouvement de Choguel, a perdu la plupart de ses ministres comme Wadidje Founè Coulibaly, la ministre de la Famille et de l’Enfant militante du Mouvement «Yéréwolo débout sur les remparts».
Quant à l’imam Oumarou Diarra, un des fidèles lieutenants de Choguel a également été mis à la porte, ce qui fait dire à certains que le Premier ministre est devenu un berger sans troupeau, un roi nu, comme aimeraient dire d’autres. C’est le président de la transition qui est renforcé au détriment des ouailles de Choguel avec l’arrivée de personnalités qui lui sont très proches. Par contre, les groupes armés qui avaient deux représentants chacun ont également perdu des portefeuilles. Ils se contentent maintenant d’un portefeuille chacun. Les partis politiques qui en voulaient également au Premier ministre sont sortis bredouilles de la nouvelle redistribution des cartes politiques. Car, les quelques politiques tels que Youba Ba ne représentant pas un parti politique dans le gouvernement sont sous la coupelle de certains guides spirituels du pays.
Le département des Mines, de l’Energie et de l’Eau est désormais scindé en deux après la démission de Seydou Lamine Traoré il y a près d’un mois. Les mines ont été confiées au Pr. Amadou Kéita. Et l’Energie et l’Eau sont revenues à Mme Bintou Camara. L’ancienne Conseillère spéciale du Chef de l’Etat, Colonel Assa Badiallo Touré, quitte le Palais de Koulouba en devenant ministre de la Santé et du Développement social. Des postes stratégiques des Finances, de la Sécurité et de la Défense, de la Justice, l’Artisanat, le Transport, n’ont pas été concernés par la retouche du gouvernement.
Un contexte politique tendu
Tout cela arrive alors que plus rien ne va entre le Premier ministre et une partie de la classe politique. Suite aux propos tenus par le Premier Ministre de la Transition, à l’occasion de la présentation des vœux de la fête de Tabaski 2023 par certains membres du M5-RFP en expliquant qu’il ne veut pas s’attarder sur certains où il y a le négatif, allusion faite à l’ancien Président Alpha Oumar Konaré. Lui, il n’a même pas dirigé le Mali. Quand on détruit l’Armée, quand on détruit l’École, tu ne peux jamais me convaincre que tu fais du bien pour le pays… Donc, je parle de ceux qui ont fait des efforts…. Ce que vous voulez que je nomme, laquelle de ses réalisations concrètes peut-on présenter aux Maliens ? La réplique de l’Adema, parti d’Alpha Oumar Konaré ne se fera pas attendre. Très vite l’ADEMA PASJ réagit avec véhémence contre Pm Choguel à travers un communiqué de presse signé par le Vice-président Honorable Assarid Ag Imbarcaoune, membre du Conseil national de transition (CNT). Dans ledit communiqué, qualifie-t-on cette déclaration du Premier ministre Choguel de grossière falsification du bilan d’Alpha Oumar Konaré par un premier ministre clivant et reprise en boucle sur les réseaux sociaux. Mieux, explique l’Adema-Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (Adéma-PASJ) dans son communiqué que depuis un certain temps, le Premier Ministre de la Transition, Dr Choguel Kokalla Maïga, en dépit de son statut de Chef d’Institution de la République, s’est lancé, sur les réseaux sociaux, dans une véritable campagne de dénigrement contre l’ancien Président démocratiquement élu, SEM Alpha Oumar Konaré et son parti. C’est ainsi qu’il s’insurge avec véhémence contre ce qu’il appelle « les vaines et injustes diatribes, de vils propos tendancieux, certainement impropres d’un Premier Ministre et encore plus nocifs pour la paix et la cohésion sociale dans notre pays. Les accusations répétées et sans fondement portées contre le Président Alpha Oumar Konaré visent à décrédibiliser un homme d’Etat qui s’est pourtant consacré, le long de sa vie, au service du Mali et de l’Afrique». Avant de dénoncer ces manœuvres destinées à manipuler l’opinion et, avec pour effet, d’une part, de fragiliser le climat social et, d’autre part, de jeter le discrédit sur les efforts de construction du pays consentis sous le leadership de l’ancien Président de la République, Alpha Oumar Konaré. Ainsi, conscient des responsabilités historiques et actuelles qui sont les siennes dans la gestion des affaires de l’Etat, L’Adéma-PAS) demande au Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, Président du Mouvement Patriotique pour le Renouveau (MPR), à se ressaisir et à sortir définitivement des invectives notamment sur les réseaux sociaux, pour se hisser au rang d’homme d’Etat mature responsable et respectueux des règles républicaines, de nos valeurs sociétales et des anciennes autorités de la République et exhorte les acteurs politiques, toutes obédiences confondues, surtout ceux actuellement en charge des responsabilités publiques, à éviter des discours pouvant opposer les populations maliennes les unes aux autres, les partis politiques les uns aux autres, levant ainsi une dynamique de conflits aux conséquences imprévisibles. Et en appelle à la vigilance du Président de la Transition, garant de l’unité nationale et de la cohésion sociale, d’agir, en toute responsabilité, afin que cessent ces dérives puériles sans cesse perpétrées par le premier représentant du Gouvernement. Pire, il rappelle que ce ne sont pas par les discours et les gesticulations puériles que le Premier Ministre s’élèvera aux yeux des Maliens, mais plutôt par sa discrétion, son sérieux et son professionnalisme dans l’accomplissement de la mission, à lui, confiée par les plus Hautes Autorités de la Transition. L’Adéma-PASJ exige des excuses officielles du Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, à ses militants, à l’ancien Président de la République, Alpha Oumar Konaré, pour ses propos malheureux, regrettables, malencontreux, outrageux. Inutiles, insensés et irresponsables à un moment si sensible de l’histoire de notre pays.
Madou COULOU
