La forte chaleur qui s’annonce a fait des promesses de Lamine Seydou Traoré, ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, des vœux pieux. Le ministre avait clairement dit que la fin des coupures de courant était proche. Ces déclarations fortes visaient à calmer les critiques acerbes contre les nombreuses coupures tout au long de 2022. Mais l’installation de la période de chaleur s’accompagne en 2023 de plusieurs coupures successives de l’électricité dans la capitale. Aucun quartier n’est épargné par ces interruptions de la fourniture de l’électricité qui énervent les citoyens. Ce que les gens retiennent le plus souvent est que l’on a fait croire à la population que les pannes d’électricité seront derrière elle.
Pour étayer ces déclarations, le ministre a montré des groupes électrogènes, des pièces de rechanges et des chantiers énormes. Bref, tous les projets étaient étalés sur la place publique pour apaiser la population. Les promesses ne pouvaient pas être oubliées par les Maliens qui commencent à se plaindre des coupures actuelles de courant. Depuis plus d’un mois, les Maliens sont obligés de s’accommoder du rationnement de l’électricité.
Le ministre n’a pas été en mesure de prendre les mesures d’urgence qui conviennent à la situation du pays. En effet, c’est au moment où le soleil, source d’énergie abondante, tue les gens que les coupures d’électricité sont courantes. Les mesures annoncées par le ministre étaient de la propagande purement destinée à divertir les Maliens. On a fait croire à tout le monde que des groupes électrogènes géants étaient la solution. Les images de ces gros moteurs ont fait le tour des réseaux sociaux en 2022. Mais les coupures d’électricité sont plus fréquentes en 2023 que dans le passé.
Lamine Seydou Traoré avait également miroité aux Maliens la construction d’une centrale électrique coûtant quelques milliards. Jusqu’à présent, personne ne peut dire à quoi cette centrale a servi. Pas en tout cas à réduire les coupures de courant. Les habitants de Bamako se plaignent surtout du rationnement du courant qui plonge chaque semaine des groupes de quartier dans le noir, de 7 heures du matin à 17 heures. Dans ces conditions de baisse de la production de l’électricité, beaucoup de gens doivent dire adieu à la performance de leurs entreprises qui dépendent de l’électricité pour fonctionner convenablement.
On voit que le ministre de l’Energie est en déphasage avec la réalité. Il n’a pas réussi à imposer aux services de production de l’électricité les investissements idoines. Le dernier souci du gouvernement malien est d’utiliser la force du soleil. Les plans d’investissement dans les centrales hybrides ont été abandonnés. Plus personne ne se bat pour que les fonds de l’Etat soient engagés dans l’installation des centrales solaires. L’ironie de cette histoire est qu’au même moment, Lamine Seydou Traoré est allé signer un contrat avec Orange Mali dans l’espoir que cette société produise de l’électricité solaire pour vendre une partie au Mali.
Depuis la signature de cet accord avec Orange, si le gouvernement avait choisi de financer la production de l’électricité solaire et éolienne, les gens n’allaient pas souffrir autant. Dans les régions comme Mopti ou Tombouctou et Gao, le potentiel de l’électricité solaire et éolienne est immense. Mais jamais le ministre de l’Energie n’a évoqué un plan d’investissement dans ces sources d’électricité. Pour certains, Lamine Seydou Traoré est en train de couvrir la mafia qui a fait main basse sur la production de l’électricité au Mali.
Hautes températures annoncées
Les températures montent en flèche en ce moment, exposant la population à des risques sanitaires énormes. Alors que le mois de ramadan s’annonce sous cette chaleur accablante, le ministre des Transports et des Infrastructures prévient sur les dangers liés à l’ensoleillement. On sait que à Bamako et environs, le mois avec le plus d’ensoleillement quotidien est Mai avec une moyenne de 11,32 heures d’ensoleillement. Au total, selon les spécialistes, il y a 351 heures d’ensoleillement en mai. Le mois avec le moins d’heures d’ensoleillement quotidien à Bamako est janvier avec une moyenne de 10 heures d’ensoleillement par jour.
Au total, il y a 310.92 heures d’ensoleillement en janvier. Environ 3581.27 heures d’ensoleillement sont comptées à Bamako tout au long de l’année. Il y a en moyenne 117.84 heures d’ensoleillement par mois. Dans une publication faite le 16 mars 2023, le ministère des Transports et des Infrastructures indique que durant la période de mars-avril-mai 2023, il est prévu sur l’ensemble du pays, des températures élevées et le mois le plus chaud sera celui d’avril.
La ministre signale que les températures maximales pendant le mois de Ramadan peuvent atteindre 44°C par endroits. Cette tendance à la hausse est favorable à la récurrence des journées plus chaudes que d’habitude. Par conséquent, il est conseillé à chaque malien de : veillez sur les personnes âgées et les enfants ; de boire beaucoup d’eau ; d’éviter de faire les activités sportives sous le soleil ; de consulter les médecins en cas de maladies. Ces bonnes pratiques pourraient faciliter la vie à de nombreuses personnes n’ayant pas les moyens de vivre sous air conditionné.
Il est important de noter que la situation peut être plus difficile à Bamako où vivent plusieurs millions de personnes. Un climat sec est présent à Bamako, selon les données climatiques, ce qui s’ajoute à la pollution et aux nuisances sonores. Tout au long de l’année, il y a peu de précipitations à Bamako. Bamako affiche une température annuelle moyenne de 27.8 °C. Et chaque année, les précipitations sont en moyenne de 815 mm. La ville de Bamako se situe entre les deux pôles et les étés ne sont pas faciles à définir. Les meilleurs mois sont janvier, février, septembre, octobre, novembre et décembre.
Par contre, au mois d’avril, la température moyenne est de 32.7 °C. Avril est de ce fait le mois le plus chaud de l’année. Le mois le plus froid de l’année est celui de janvier avec une température moyenne de 24.8 °C. Les précipitations varient de 261 mm entre le plus sec et le plus humide des mois. Une variation de 8.0 °C est enregistrée sur l’année. Le mois avec l’humidité relative la plus élevée est août (83.81 %). Le mois où le taux d’humidité relative est le plus bas est février (15.45 %). Le mois avec le plus grand nombre de jours de pluie est août (23.97 jours).
Madou COULOU
