De nombreuses personnes s’activent pour que le président Assimi Goïta se présente à l’élection pré
sidentielle à venir. C’est dans ce cadre qu’une délégationvenu de Ségous’estrendue dans la villede Nioro pour évoqueravec le Chérif de Nioro son appel à la candidature du colonel Assimi Goïta en 2024. Au-delà du déplacement de cette délégation, force est de constater que l’actuel président a séduit de nombreux Maliens. Ce sont des millions d’anonymes qui estiment que le président de la transition doit briguer la magistrature suprême à la future présidentielle. Afin de poursuivre ses efforts de redressement du pays en cours.
Les raisons de cet appel sont claires. Tous ceux qui racontaient que les autorités de la transition n’étaient pas engagé »s pour la recherche de nouveaux partenaires se sont tus. Pour cause, les Maliens ont été témoins du renforcement des capacités de l’armée, notamment l’arrivée d’avions cargos russes à l’aéroport de Bamako-Sénou. Ces appareils étaient pleins de matériels militaires. Depuis, les livraisons d’armes et d’avions russes n’ont fait qu’augmenter. Dès lors, le regard de la population a commencé à changer sur le président Assimi Goïta, l’homme qui parle peu, mais qui agit avec détermination.
Si le président Goïta avait été bavard sur son intention de diversifier les partenaires du Mali, il n’aurait pas eu la popularité qu’il a aujourd’hui au Mali et même ailleurs en Afrique. Non seulement ses propos auraient pu être retournés contre lui par les ennemis internes et externes du pays, mais aussi, tenteraient d’autres de déjouer ses plans. Cette posture du président de la transition, sa discrétion notamment,lui permettra de renforcer son capital de crédit auprès de la population malienne en particulier et celle de l’Afrique de l’Ouest en général.
Aussi, son choix porter sur nos propres forces internes est largement partagé. Dans les lieux publics, il se raconte que les décisions de la transition reflètent beaucoup plus la volonté du plus grand nombre des citoyens.
Conformément à la volonté du peuple, à savoir l’engagement accru à combattre le terrorisme, le chef de l’Etat le fait bien, quitte à froisser la minorité de partisans qui vit et travaille à Bamako. Car, il a le mérite d’avoir le courage de s’opposer à des puissances étrangères et aux partenaires traditionnels du Maliqui, des décennies durant, n’ont pas pu aider le Mali à avoir une armée nationale mieux équipée. Ainsi, prendra-t-il des décisions courageuses de réorienter non seulement la diplomatie malienne vers d’autres horizons, mais aussi de raffermir nos relations avec la Russie, l’une des premières puissances militaires au monde. Cette stratégie, disons-le, est en train de porter fruit. Car, constate-t-on, le renforcement de l’outil de défense nationale, notamment au niveau de la couverture aérienne dont le besoin, est une réalité.
Ce qui manque aujourd’hui à la transition, commente-t-on, c’est d’aller plus loin en ouvrant de nouvelles voies de ravitaillement du pays en produits de grandes consommation. Tels que le riz, le sucre, l’huile, et l’hydrocarbure. En réussissant à faire cela, préconise-t-on, la vie chère dont se plaignent les Maliens peut rapidement être jugulée. De nos jours où la transition malienne fait l’objet de convoitise par des grandes puissances mondiales.Il est difficile pour l’opinion publique de comprendre que le coût des produits pétroliers nous fasse courber l’échine. En plus de la Russie, l’Iran aussi peut être une source importante d’approvisionnement du pays en hydrocarbures.
Faut-il le noter, bien qu’engagée pour la tenue des élections, conformément à leur engagement pris auprès de la Cedeao, les autorités de la transition sont butées à des difficultés techniques et matérielles pour l’organisation des prochains scrutins. Il s’agit des difficultés relatives au respect du délai de mise en place des démembrements de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) qui devait se faire six mois avant les élections, selon la loi. Mais à ce jour, il n’y ait pas de perspectives claires pour l’installation des démembrements de l’Aigedans les différentes localités du pays, bien que le référendum soit prévu, selon le chronogramme, le 19 mars 2023, soit dans moins d’un mois. L’autre contrainte de la loi est relative à la volonté des plus hautes autorités d’instituer le vote par anticipation des membres des forces armées de défense et de sécurité, en vue de leur permettre d’accomplir leur mission de sécurisation du territoire le jour du scrutin.
Ainsi, la mise en œuvre du chronogramme publié pour le référendum et les élections générales révèle quelques contraintes. En effet, tous ces scrutins prévus au cours de l’année 2023, sauf l’élection du Président de la République, dont le premier tour doit avoir lieu le dimanche 4 février 2024, s’approchent à grand pas alors que toutes les mesures devant être prises conformément à la loi sont quasiment hors de portée.
Autre problématique de la loi, c’est l’organisation du vote des déplacés internes ; la nécessité de mettre à jour le fichier électoral suite aux actions d’organisation territoriale ou administrative ; l’institution de la carte nationale d’identité biométrique sécurisée comme carte d’électeur, en substitution à la carte d’électeur biométrique et la correction d’erreurs matérielles. Dans le but d’adapter la loi électorale à ces contraintes, le gouvernement a donc adopté le 15 février 2023 un projet de loi, portant modification de la loi électorale, adopté au cours du conseil des ministres. L’objectif est de prendre en compte les contraintes de la loi n°2022-019 du 24 juin 2022 portant loi électorale qui confie l’organisation et la gestion de toutes les opérations électorales et référendaires à l’Autorité indépendante de gestion des élections.
Cette structure est appuyée dans la mise en œuvre de ses attributions et sur le plan technique et opérationnel par le ministère chargé de l’Administration territoriale. Le projet de loi adopté par le conseil des ministres apporte ainsi un certain nombre d’innovations dont l’élargissement des lieux d’implantation des bureaux de vote aux garnisons militaires, l’institution du vote par anticipation des membres des forces armées et de sécurité et le remplacement de la carte d’électeur biométrique par la carte nationale d’identité biométrique sécurisée, comme l’unique document d’identification admis dans le bureau de vote.
Au titre des corrections d’erreurs matérielles, l’article relatif au référendum a été modifié pour préciser que sauf cas de recours au bulletin unique, deux (02) bulletins sont mis à la disposition de l’électeur. Ainsi, la mention de « candidat » est supprimée dudit article. Ce projet de loi permet au gouvernement de s’attaquer sérieusement aux contraintes citées plus haut. En outre, c’est la preuve que l’organisation des élections est une priorité pour la transition qui cherche à remettre le pays sur la voie de la stabilité.
En clair, l’éventualité du report des élections émane des difficultés techniques et matérielles de l’organisation des scrutins et non d’un manque de volonté des autorités qui n’aspirent qu’au retour à l’ordre constitutionnel. Lors duquel, le peuple ambitionne confier ses destinés au Président de la transition, colonel Assimi Goïta
Oumar KONATE
