Après dix ans d’existence, le Conseil de sécurité, à la demande des autorités maliennes, vient de mettre fin au mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA),. Cela n’est pas du goût de certains Maliens, dont Bakary Sidibé, qui s’interroge sur le vide qui en découlera.
Si cette décision a été saluée par la plupart des Maliens, les mouvements et les associations, qui avaient en son temps plaidé pour le maintien de la mission onusienne, à travers son initiateur, en la personne de Bakary Sidibé, continuent d’exprimer leurs inquiétudes en vue d’alerter l’Etat.
Dans un échange téléphonique, M. Sidibé nous a confié les raisons de sa crainte. Il a tout d’abord rappelé qu’ils n’ont jamais accepté qu’un mouvement ou une association demande le départ de la Minusma, et que le jour où l’Etat décidera de prendre cette décision, qu’ils vont proposer des pistes à l’Etat, afin que ce dernier penne des dispositions idoines par rapport à cette grave décision.
A l’en croire, sur le plan du développement, « la MINUSMA a beaucoup fait pour le pays ». Nous avons dit non, ajoute-il, parce que ce départ va engendrer la perte d’emplois de plus de 4 000 personnes, des emplois qui avaient diminué le chômage au Mali.
« Ce départ aura forcément des conséquences telles que le chômage », assure-t-il. Et de s’interroger sur ce que l’Etat fera après ce départ, et que si rien n’est fait, ces jeunes qui vont perdre leurs emplois, pourront se retrouver dans le banditisme et dans le tourisme. Ce qui va augmenter l’insécurité surtout au nord du pays. Et de poursuivre que « le problème du Mali n’est pas la Minusma, mais ce sont les Maliens eux-mêmes. Nous demandons aux autorités de prendre les dispositions nécessaires, par rapport aux personnes qui vont perdre leurs emplois ». Et ce ressortissant du nord, pour illustrer bien sa crainte, prend l’exemple des jeunes qui ont perdu leurs emplois avec le départ de la force Barkhane. Selon lui, beaucoup d’entre eux sont devenus des délinquants
« A notre grande surprise, lorsque le gouvernement a demandé le départ de la mission onusienne, lors de la dernière réunion du Conseil de Sécurité et comme c’est notre Etat, nous ne pouvons pas dire non, mais nous avons décidé de contribuer en proposant des idées, pour qu’il puisse rapidement chercher des solutions alternatives, parce que cette mission a occupé une grande place au Mali, depuis la crise en 2013 jusqu’à nos jours ». Il a cité comme acquis la création des milliers d’emplois, des séances de formations à des jeunes et des femmes pour les encourager à travailler, la réhabilitation des bâtiments détruits. Et d’estimer que de nombreux Maliens n’ont pas compris le rôle de la Minusma. C’est pourquoi, ils disent qu’elle n’a rien fait. » Elle n’est pas venue pour faire la guerre, mais plutôt pour la paix et la stabilité au Mali » a-t-il précisé.
S’agissant des appuis institutionnels, il précise que les avions de la Minusma aidaient nos gouverneurs, les préfets et les populations. A ses dires, aujourd’hui, ils ont un problème de route menant de Sévaré à Gao, Gao Ansongo, Gao Tombouctou. Tous ces tronçons sont impraticables.
Lamine BAGAYOGO
MALI-HORIZON
