Le siège de l’Association Perspective Sahélienne a connu une effervescence particulière ce 10 juin à Bamako. Pour célébrer la Journée nationale de la Russie, l’organisation malienne, en partenariat avec l’agence de presse russe African Initiative, a orchestré une série d’activités mêlant échanges intellectuels et découvertes culturelles.
Au cœur de cette célébration : une conférence-débat portant sur un thème chargé d’histoire et de symboles « La Russie et le Mali : de l’Union soviétique à nos jours ». Devant un public composé de diplomates, de chercheurs, d’étudiants et d’acteurs de la société civile, les intervenants ont retracé l’évolution des relations russo-maliennes depuis l’époque des indépendances. Le ton était à la fois analytique et engagé.
Une coopération ancienne, mais des défis persistants
Les discussions ont mis en lumière la richesse d’un partenariat forgé au fil des décennies. L’Union soviétique avait été l’un des premiers soutiens du Mali indépendant. Aujourd’hui, la Russie perpétue cet héritage dans des secteurs clés comme la défense, l’éducation, la santé ou encore les infrastructures.
Cependant, un constat a fait l’unanimité parmi les panélistes : les échanges économiques entre les deux pays restent très en deçà de leur potentiel. Malgré la signature d’un accord de coopération dès 1962, les relations commerciales n’ont pas connu d’essor significatif. Les intervenants ont plaidé pour un réveil économique dans le cadre d’un partenariat plus équilibré.
Une volonté commune de souveraineté affirmée
Le président de l’Association Perspective Sahélienne, Mamadou Bah, a salué dans son discours l’engagement de la Russie aux côtés du Mali, notamment dans les périodes de turbulence où d’autres partenaires se sont désengagés. Il a appelé à une coopération fondée sur la réciprocité, l’égalité et le respect mutuel.
Venue spécialement de Moscou, Anna Zamaraeva, rédactrice en chef adjointe de African Initiative, a tenu un discours empreint de solidarité. Elle a rappelé que la Russie, elle aussi, avait dû lutter pour sa souveraineté. Critique envers les médias occidentaux, elle a assuré que son agence continuerait à relayer une vision plus juste des réalités maliennes.
Au-delà des mots, la journée s’est aussi exprimée à travers des gestes. Deux concours culturels ont rythmé l’après-midi. D’abord un concours littéraire sur « La guerre et la paix dans la littérature russe », véritable plongée dans les œuvres de Tolstoï ou Dostoïevski. Ensuite, un concours d’art culinaire réunissant plusieurs lycées de Bamako, où les jeunes ont rivalisé de créativité pour rendre hommage aux saveurs locales et russes.
Cette journée a été bien plus qu’une simple commémoration : elle a ouvert un espace de dialogue sincère sur l’avenir d’une coopération entre deux peuples unis par la quête de dignité et de souveraineté.
Madou COULOU
