La passion et l’espoir suscités autour du 14 janvier, décrété «journée nationale de la souveraineté retrouvée» s’estompe peu à peu. Car, cette illusion entretenue par certaines autorités pour se maintenir aux affaires est en passe d’être butée à la triste réalité du terrain. C’est du moins ce qui ressort du dernier communiqué de l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm) relatif à l’organisation des festivités du 1er mai, Journée internationale des travailleurs.
Le 14 janvier 2023 a été déclarée par les autorités de la transition comme Journée de la « souveraineté retrouvée », festoyée, comme telle dans tout le pays, selon le bon vouloir du président de la transition, chef de l’Etat, colonel Assimi Goïta, qui l’a décidé ainsi lors de la session du conseil des ministres du 11 janvier 2023.
En souvenir de la grande mobilisation des forces vives, à la place de l’indépendance, pour condamner les sanctions économiques et financières décidées par la Cedeao contre le Mali, sommé qu’il est de fixer un délai raisonnable pour la fin de la transition, à l’issue d’un calendrier électoral réaliste pour le retour à l’ordre constitutionnel, cette journée du 14 janvier avait été ainsi choisie par la junte militaire, comme « journée de la souveraineté retrouvée ».
Toutefois, force est de connaître que l’événement n’a pas suscité un grand intérêt politique auprès des Maliens qui, très vite, dans leur grande majorité, y compris dans l’entourage de la junte militaire, ont émis des réserves quant à la recevabilité même de l’évènement.
Si les autorités de la transition avaient alors vite fait d’assimiler une telle manifestation gigantesque pour un soutien à leur cause, il est clair que dans l’esprit de pas mal de Maliens, ce n’était point le cas, mais simplement un élan de solidarité en faveur du Mali. Par la force des choses, cette thèse est en train d’être réconfortée. Les difficultés réelles subsistent, aussi bien sur le plan économique que sécuritaire. Excepté le renforcement de l’outil de défense dont le peuple attend impatiemment les résultats, les problèmes du Mali demeurent intacts. Le changement promis tarde à se matérialiser. Pire, la situation socioéconomique se détériore à telle enseigne que la plus grande centrale syndicale du Mali, l’Untm n’a su dissimuler le calvaire que traverse le citoyen lambda. Ce, malgré son engagement à soutenir contre vents et marrée la transition en cours.
Dans son communiqué du 11 avril 2023 relatif aux festivités du 1er mai, l’Union nationale des travailleurs du Mali a ainsi décrit les supplices quotidiens que vivent les Maliens dans leur écrasante majorité.
« Dans le cadre des festivités du 1er Mai 2023, le bureau exécutif de l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm), après analyse de la situation actuelle du pays à savoir : l’insécurité grandissante ; la persistance de la pandémie du Covid-19 ; les difficultés économiques que traversent nos deux industries des textiles Comatex et Batex-CI, la première citée dont la production est arrêtée a décidé à sa réunion du 22/03/2023 de ce qui suit : le 1ermai sera fêté sans défilé et sans tissus du 1ermai 2023, l’organisation de la coupe corpo au mois de mai, compte tenu du carême dont le lancement est prévu pour le 19 du mois de mai,l’organisation de conférence de presse et autres activités sur toute l’étendue du territoire».
Ce tableau sombre de l’Untm est le reflet des conditions de vie macabre de toutes les couches socioprofessionnelles du pays.
Oumar KONATE
La Preuve
