Le Mali est en train d’écrire une nouvelle page de son histoire à l’Organisation des Nations unies. La preuve en a été donnée une fois de plus lors de la dernière rencontre de l’ONU consacrée au pays. D’un côté, il y a des pressions énormes pour faire accuser le pays de Soundiata Keïta d’exactions contre des civils. Le gouvernement réformateur de la transition nie tout, rappelant au passage sa tradition de brassage institutionnalisé au cours des siècles entre les ethnies qui composent le pays. Mais rien ne semble dissuader les accusateurs menés par la France, l’ancienne puissance coloniale. A chaque fois que l’occasion lui est donnée, l’ex-métropole tente d’humilier son ancienne colonie.
L’ambassadeur du Mali aux Nations unies, Issa Konfourou, a surpris tout le monde lors de la dernière réunion de l’ONU sur le Mali. On raconte que personne ne s’attendait à la combativité qu’on a vu de la part du représentant du Mali pour défendre la réputation de son pays. On voit bien que les Maliens ont tous décidé de ne plus se laisser malmener par des puissances hostiles aux Nations Unies. Les propos de Issa Konfourou interviennent après les passages mémorables du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga (en 2022) et le celui du Premier ministre par intérim le colonel Abdoulaye Maïga.
En effet, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni le 12 avril 2023 à New York pour l’examen du dernier rapport du secrétaire général sur la situation dans notre pays. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’est fait représenter par le représentant permanent du Mali à l’ONU, Issa Konfourou. Lequel a fait de nombreuses remarques sur le document. Mais on a surtout remarqué la passe d’arme entre Issa Konfourou et le représentant de la France aux Nations unies. Ce dernier voulait encore revenir sur des accusations de crimes attribués à l’armée malienne.
C’était sans compter sur le patriotisme du représentant malien qui a dénoncé la tendance du représentant de la France à coller une étiquette de barbare sur le dos des soldats maliens. Le Malien a refusé l’instrumentalisation des droits de l’Homme par certaines puissances. Au cours de la réunion, plusieurs questions ont été évoquées, entre autres, les droits de l’Homme, les restrictions de déplacement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) par les autorités maliennes, son avenir, l’expulsion de son directeur de division des droits de l’Homme, le lancement de la stratégie de stabilisation du Centre.
Le représentant de la Russie a, lui, indiqué que le report du référendum par les autorités maliennes est motivé par des causes objectives. Selon lui, la première priorité est de restaurer la sécurité dans le pays. Il prévient que sans normalisation de la situation au Mali, il sera impossible d’instaurer la sécurité dans le Sahel. D’après lui, pour que la Minusma puisse mener à bien sa mission, elle doit s’en tenir rigoureusement à son mandat et travailler étroitement avec les autorités maliennes.
Le représentant du Mali a aussi indiqué que le président de la Transition a validé, le 16 mars, le projet finalisé de la nouvelle Constitution. Selon lui, le référendum prévu à cet effet a été différé en vue d’introduire la carte nationale d’identité biométrique sécurisée pour prévenir les risques de fraude, créer les conditions pour la participation effective de tous les citoyens aux consultations électorales. Mais aussi réduire le temps nécessaire à l’opérationnalisation des démembrements de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) afin de respecter le délai de la Transition.
Le gouvernement a clairement indiqué que, contrairement aux allégations de la Minusma, les forces de défense et de sécurité du Mali opèrent de manière professionnelle, autonome et sans supplétifs étrangers, dans le strict respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. Selon la diplomatie malienne, toutes les opérations maliennes sont accompagnées par une équipe prévôtale qui a pour mission de constater tous les cas relatifs aux violations des droits Humains.
Les forces armées maliennes ne sont donc pas responsables des exactions commises contre les populations civiles. D’ailleurs, la Note de la Minusma indique que la quasi-totalité des cas avérés de violations des droits de l’Homme sont imputables aux groupes armés et terroristes. Le gouvernement du Mali précise que les allégations qui seraient imputables aux forces armées maliennes ont toujours fait l’objet d’ouverture systématique d’enquêtes au niveau de la justice militaire comme en témoignent plusieurs affaires en cours d’instruction préparatoire au niveau des juridictions militaires.
S’agissant des tendances de violations par région et par auteur, le gouvernement déplore à nouveau les allégations récurrentes citées dans plusieurs passages de la Note et faisant état des opérations anti-terroristes menées par les Forces de défense et de sécurité du Mali qui seraient accompagnées par le personnel militaire étranger. A en croire le gouvernement malien, les Fdsm opèrent de façon autonome sur le terrain afin de protéger les populations civiles contre le terrorisme et l’extrémisme violent dans le strict respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. Le gouvernement du Mali réaffirme que la présence d’instructeurs russes dans le pays s’inscrit dans le cadre de la coopération exemplaire avec la Fédération de Russie, particulièrement dans le domaine militaire, renforcée ces dernières années en matière de lutte antiterroriste.
Au plan intérieur, la transition consolide sa position, notamment en initiant des réformes soutenues de plus en plus. L’Adema-Pasj, dont le président, Marimanthia Diarra, et le Secrétaire général, Assarid Ag Imbarcaouane, sont des membres influents du Conseil national de Transition, l’organe législatif, a dû faire évoluer sa position. Le parti avait, à la phase de rédaction de l’avant-projet de texte constitutionnel, appelé à abandonner la réforme. L’Adema-Pasj a finalement pris acte du processus référendaire. Pourtant, des cadres du parti comme l’ancien ministre MoustaphDicko et Me. Kassoum Tapo affirment que la seule Constitution qu’ils reconnaissent est celle de 1992.
Quant aux groupes armés du nord, beaucoup se disent désormais favorables à la future Constitution malgré la diffusion d’un communiqué au non des groupes signataires contre le projet. Des groupes signataires ont annoncé leur soutien au processus après le communiqué initial. Ainsi, la communauté des Imghad, l’ethnie du général El Hadj Ag Gamou, a ouvertement soutenu la future Constitution et appelé les autres groupes armés à faire de même. La CMA qui est l’auteur du communiqué de rejet du projet de Constitution est en train d’exploser.
Madou COULOU
La Preuve
