Retards, arrêts de l’enregistrement avant l’heure, report de la date du voyage, et changements de vol sont les difficiles circonstances que vivent les voyageurs de la compagnie Air France. Cela, depuis l’année dernière, aux dires de potentielles victimes qui ont requis l’anonymat.
A la compagnie Air France, rien ne va plus comme avant. Le voyage du Mali vers la France et vice versa est devenu une véritable traversée du désert si l’on en croit les témoignages des victimes de cette situation défavorable. Des voyageurs rencontrés à l’Aéroport Modibo Kéita de Sénou n’ont pas eu la langue dans la poche pour dénoncer avec véhémence des manquements graves. Ils ont trait au retard du vol, c’est-à-dire au non-respect des heures. Certaines victimes parlent de l’arrêt de l’enregistrement avant l’heure indiquée tandis que d’autres dénoncent le changement de vol et le payement obligatoire de pénalités. Selon eux, ils deviennent les dindons d’une farce qu’ils n’ont pas inventée.
Une victime rencontrée a affirmé qu’elle a pris son billet à Paris à 10 heures 5 minutes. Selon elle, c’est l’heure à laquelle on devrait quitter Paris pour Bamako, mais ils ont quitté la capitale française à midi moins quelques minutes. A l’entendre, Air France ne fait que s’excuser. A ses dires, pour le retour, le vol était prévu pour 22 heures 5 minutes à Bamako pour Paris. « Quand on faisait la queue pour l’enregistrement, ils ont fermé le guichet insinuant un certain retard de notre part. Alors qu’il n’était que 20 heures, l’avion était là et le vol est prévu pour deux heures plus tard », a déploré la victime.
Lespassagers payent des pénalités sans reçu
En plus de ces manquements notables, Air France oblige souvent les voyageurs à payer la pénalité. Un fait assimilable au racket « Air France nous a obligés de payer la pénalité sans reçu.Seulement un papier qui n’indique même pas la somme payée. Les sommes ont varié selon la tête du client. Certains ont payé 20000 FCFA, d’autres 10000 FCFA. Moi j’ai payé 140000 FCFA », a renchéri un autre passager.
Le hic est que le payement de la pénalité n’a toujours pas permis aux voyageurs d’entrer dans leur droit. Ils ont fait face à d’autres caprices de la compagnie. Ecoutons cet autre passager : « On pensait que le payement de la pénalité allait réglerl’affaire mais on nous a dit de retourner à la maison pour revenir le lendemain. Depuis 15 heures, je suis partie à l’Aéroport. On m’a fait savoir que l’enregistrement commence à 17 heures. Après, ils ont parlé de 18 heures, 19 heures et de 20 heures ».
Transport des clients dans un autre avion différent d’Air France
A une certaine heure, la compagnie n’hésite pas à annuler le vol. Selon un de nos interlocuteurs, c’est jusqu’à 22 heures que le chef d’escale d’Air France a parlé d’annulation du vol. Selon lui, un avion de la compagnie Corsair devrait effectuer leur voyage. Mais la surprise a été grande. « Nous n’en avons pas fait un problème. A notre grande surprise, Corsair est parti. Nous sommes allés reprendre la queue au guichet.On nous fait savoir que ceux qui détiennent le billet de Corsair sont prioritaires », a-t-il dit, au sommet du désespoir.
Selon un autre passager, ils ont été misdans un vol tout blanc sans logo à minuit passé. A l’entendre, Air France a catégoriquement refusé de rembourser les pénalités qu’ils ont payées.Poussant un peu la curiosité, à Paris, on lui a fait savoir que le vol sans logo est un avion portugais loué qui se présente au nom de Corsair.
En plus de cela, dans un post sur sa page Facebook, l’activiste CheickOumar fait savoir que les frais de transport d’Air France de Paris à Bamako et vice-versa sont plus élevés que dans certains pays de la sous-région. Selon lui, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, c’est moins de mille euros et au Mali, c’est plus de deux mille euros.
Cette souffrance que vivent les voyageurs de Paris à Bamako interpelle les autorités en charge des Transports. C’est une belle occasion en or pour la ministre Madina Sissoko pour faire bouger les lignes en ce temps de refondation du Mali. Elle ne devrait plus assister impuissamment à des manquements de ce genre sous nos cieux étant donné que les colonels ont montré l’exemple, chacun dans son département.Le sang des Maliens ne doit plus être sucé par l’ancien colonisateur en perte de vitesse dans ses anciennes colonies.
Dans notre démarche de recoupement de l’information dans la direction d’Air France, la cheffe d’Agence de Bamako, Mme Bass,nous accueillant debout sous les halles de la structure a fait savoir qu’ils n’ont pas l’autorisation de dire quoi que ce soit. Elle a également affirmé que la Cellule de communication d’Air France est basée en France. Sans elle, dit-elle, aucune information ne peut être relayée par les agents d’Air France Bamako. L’on comprend aisément qu’Air France Paris a la mainmise sur la communication d’Air France Paris.
Bazoumana KANE
L’ALERTE
