Après un voyage en Mauritanie, le ministre de la Défense cherche à renforcer ses liens avec des pays tiers. Il s’est rendu encore en Russie la semaine dernière afin de renforcer l’arsenal de guerre du Mali, au moment où des pays étrangers appuient les groupes armés et leurs alliés terroristes, le Mali cherche des alliances plus fortes.
Tous les regards sont fixés sur le Mali depuis le 28 juillet dernier, dans la zone de Tinzawatène. Les nouvelles sont rares sur la ligne de front entre l’armée de la Confédération de l’AES et les terroristes retranchés dans la zone de Tinzawatène. Cette zone frontalière entre le Mali et l’Algérie est le dernier cache des terroristes chassés de la ville de Kidal après le retrait des casques bleus.
C’est dans cette localité où les terroristes jouent leur va-tout, qu’il y a eu une attaque contre l’armée malienne dans cette zone qui retient désormais l’attention de tout le monde.
Le conflit a atteint une nouvelle dimension, après des revendications de la participation de l’Ukraine, Sur le terrain, les nouvelles arrivent au compte-goutte. Ainsi, dans un communiqué publié, le lundi 5 août, l’État-Major Général des Armées a informé que les vecteurs aériens maliens ont mené avec succès des frappes chirurgicales sur des cibles terroristes dans le secteur Nord-Est de Kidal. Selon l’armée, au cours d’une mission de reconnaissance offensive, des terroristes ont été détectés à moto le long d’un point d’eau. « Après une traque minutieuse, une frappe puissante a été lancée pour neutraliser leur refuge et détruire leur base », a indiqué l’armée.
A en croire des sources militaires, les terroristes et leurs alliés indépendantistes sont retranchés dans une zone piégée. Certains évoquent des tentatives de médiation de la part d’un pays voisin du Mali sans précisions autres. L’armée assure qu’au même moment, dans le secteur de TOXIMENE, la vigilance des forces aériennes a permis de repérer et détruire des véhicules soigneusement dissimulés. Les forces spéciales de l’AES n’avaient pas engagé des actions sur le terrain jusqu’à la date du vendredi passé.
C’est dans ce contexte que la Commission de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé sa préoccupation concernant l’évolution de la situation sécuritaire au Mali à la suite des attaques dans le nord du pays. Dans un communiqué publié le 5 août, la Communauté a exprimé « sa ferme désapprobation et sa ferme condamnation de toute ingérence étrangère dans la région pouvant constituer une menace à la paix et à la sécurité en Afrique de l’Ouest, ainsi que de toute tentative visant à entraîner la région dans les affrontements géopolitiques actuels ».
Elle a dit suivre avec préoccupation l’évolution de la situation sécuritaire au Mali et réitérer sa constante disponibilité en faveur de toute initiative visant à œuvrer pour la paix, la sécurité et la stabilité dans la sous-région.
La réaction de la CEDEAO est intervenue après que le Mali ait décidé de suspendre toutes ses relations diplomatiques avec l’Ukraine suite à des publications de la part des autorités ukrainiennes pour soutenir les terroristes. L’Ambassadeur de ce pays au Sénégal avait revendiqué l’implication de son pays dans l’attaque contre l’armée malienne.
Eu égard la gravité de la situation, Dakar a convoqué le diplomate ukrainien pour protester contre l’apologie du terrorisme à partir du Sénégal. Le Niger, pays membre de la Confédération de l’AES, a aussi suspendu ses relations diplomatiques avec l’Ukraine. Le Burkina Faso, autre pays membre de la Confédération, a fait une sévère mise en garde contre l’Ukraine.
Dans ce contexte, certaines indiscrétions indiquent que des soldats turcs ont été aperçus à Bamako la semaine passée, au moment où le monde a les yeux braqués sur le Mali. A partir de ces affirmations, on a en effet une réponse aux nombreuses questions que les gens se sont posées après l’entretien téléphonique entre Assimi Goïta et Erdogan, le président turc, une semaine plus tôt. Grand client des appareils militaires turcs, Assimi n’a pas perdu du temps pour s’entretenir avec le président Erdogan après l’incident qui a coûté cher à l’armée non loin de l’Algérie.
Bien qu’aguerri, l’armée malienne ne refusera pas des instructeurs pour apprendre aux soldats comment manier les drones et autres technologies de pointe que la Turkiye vend au Mali. C’est pourquoi, dans le cadre du renforcement et du raffermissement de la coopération Mali-Türkiye, une rencontre militaire de haut niveau s’est tenue, le mardi 6 août 2024, au ministère de la Défense et Anciens combattants entre les deux délégations sous la présidence du chef d’Etat-major Général des Armées, le Général de Division Oumar Diarra. La délégation turque était conduite par son ambassadeur au Mali, Efe Ceylan.
A cette occasion, La Türkiye a réitéré sa disponibilité à accompagner le Mali afin de vaincre le terrorisme sur son sol. Le chef d’Etat-major Général des Armées du Mali a tenu à saluer l’excellente coopération que notre pays entretient avec la Türkiye. Il a indiqué que malgré les nombreuses difficultés, la Türkiye est toujours restée à nos côtés. Cela peut s’expliquer par l’acquisition par l’armée malienne des drones et autres équipements Turcs. Le général Diarra a ajouté que cet accompagnement a permis au Mali de mener des frappes chirurgicales contre les forces du mal.
Il a estimé que cet appui a considérablement amélioré la situation sécuritaire, ajoutant que le Mali aura toujours besoin de l’assistance des partenaires sincères comme la Türkiye afin de consolider davantage sa suprématie sur les forces terroristes.
Pour sa part, le diplomate turc a rassuré la partie malienne que son pays fidèle à ses engagements, demeurera toujours aux côtés du Mali dans la lutte implacable qu’il mène contre le terrorisme international. Ceylan a rappelé que la visite en Türkiye du chef d’Etat-major de l’Armée de Terre le mois passé a considérablement consolidé la coopération militaire déjà existante entre les deux pays.
Oumar KONATE
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