Monsieur Mama DJENEPO, Administrateur civil est présentement le Secrétaire général du Ministère des Transports et des Infrastructures. Il a précédemment occupé ce poste au ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières. A cette époque, il avait été cité à tort dans un article du journal d’Africa Kibaru qui a été relayé par Malijet et d’autres journaux. Dès la publication de l’article où il a été cité à tort dans l’affaire dite de la braderie des bâtiments administratifs de l’Etat, Monsieur DJENEPO a tenté en vain d’exercer son droit de réponse. Africa Kibaru étant invisible, Malijet s’est refusé à publier le droit de réponse au motif qu’il n’était pas l’auteur de l’article. Le commis de l’Etat, qui ne se reproche rien, absolument rien, avait en effet à l’époque demandé au ministère chargé de la Communication d’exiger de Malijet la publication du droit de réponse. La Haute autorité de la Communication (HAC) saisie par le ministère n’a pas encore donné de suite. De guerre lasse, Monsieur DJENEPO qui n’est pas enclin à intenter un procès contre un média introuvable, qui le distrairait d’ailleurs de son quotidien surchargé, a déposé à notre rédaction le présent texte en guise de droit de réponse qu’il a écrit au lendemain de la publication mensongère. Nous livrons aux lecteurs in extenso le droit de réponse de monsieur Mama DJENEPO, Administrateur civil.
J’ai lu le 17 février 2020 votre article, reçu d’un collègue par la voie de WhatsApp, intitulé « Grande braderie du patrimoine immobilier de l’Etat, 27 bâtiments publics vendus au 1/5 de leurs valeurs puis loués de nouveau à l’Etat ». (Sic)
Je partage de prime abord le souci de la chose publique qui semble sous-tendre votre livraison. Je puis vous assurer de ma disponibilité à concourir à la promotion et à la protection des intérêts de la collectivité publique, en tant que fonctionnaire, soumis aux obligations de loyalisme, de dignité et de désintéressement.
J’ai découvert dans l’intertitre de l’article « Des fonctionnaires et barons du régime devenus milliardaires du jour au lendemain » que mon nom est cité parmi les autorités et agents publics auxquels vous prêtez une fortune immense tirée de la vente des immeubles de l’Etat effectuée par l’Agence de cessions immobilières (ACI), en exécution d’un mandat du Gouvernement.
Je m’empresse de vous signifier ma stupéfaction et mon indignation. Je ne connais de votre journal ni l’identité, ni le siège, ni le mode opératoire. Vous ne me connaissez pas non plus. Je relève que vous vous limitez à mettre en cause des personnes, dont moi-même, citées nommément. Je vous fais savoir que je n’avais, en qualité de Secrétaire général du Département chargé des Affaires foncières dans la période allant de mars 2015 à février 2019, aucune responsabilité dans le processus de cession des bâtiments publics. Je n’ai pas eu le moindre contact avec les acquéreurs que vous avez cités.
Je n’ai donc aucun motif de considérer que vous êtes animé de l’intention de nuire gratuitement à ma modeste personne. Vous me rendez plutôt coupable d’un « délit de charge », que vous présumez du seul fait que j’ai exercé pendant cette période les fonctions de Secrétaire général du Département.
Le professionnalisme vous commande de vérifier, dans le processus de vente des immeubles de l’Etat, la réalité et la régularité des actes accomplis, ainsi que les personnes compétentes et celles impliquées. Le Secrétaire général assume dans un Département ministériel essentiellement des fonctions de coordination et de contrôle à l’égard des Conseillers techniques et des services et organismes personnalisés qui en relèvent. Il ne s’immisce pas dans la gestion quotidienne des structures administratives. Il ne peut signer aucun acte susceptible d’engager le Gouvernement, même en cas d’absence ou d’empêchement du ministre, où il en réfère alors au ministre intérimaire. Il n’a pratiquement pas de contact avec les usagers des administrations et les clients/usagers des entreprises publiques.
Vous ne pouvez raisonnablement m’imputer aucun acte accompli dans le processus de cession des immeubles de l’Etat. De fait, vous m’avez causé un énorme préjudice moral, insusceptible d’évaluation, en ayant occupé ma réflexion un certain temps et en m’ayant distrait de mes activités normales. Par cet article, vous êtes en effet entré dans ma vie par effraction. S’il vous plaît, sortez-en aussitôt et offrez-vous de la matière à publication ailleurs qu’en moi. De grâce reconnaissez la méprise sur la personnalité d’un fonctionnaire de l’Etat auquel vous avez fait du tort. Peut-être, avez-vous cité mon nom par une supposition largement partagée et manifestement démentie que le Secrétaire général maîtrise tous les dossiers du Département. En ce cas, je vous comprends et je prie Dieu qu’Il vous inspire le repentir et vous accorde la rémission du péché pardonné. Si vous avez cependant agi en connaissance de cause, en me ciblant de mauvaise foi, gratuitement, je m’en remets au Seigneur pour qu’Il vous attribue la récompense proportionnée à votre œuvre.
En conséquence, je vous saurai gré de bien vouloir réparer ce préjudice par une confession exprimée par les voies et moyens de communication dont vous avez fait usage pour publier votre texte.
Je n’ai pas vocation à défendre la collectivité des autorités et agents publics que vous avez mis en cause dans l’article. Je puis vous assurer que personnellement je me satisfais, tout au long de ma modeste carrière administrative, de la rémunération et des avantages sociaux réglementairement attachés à mes fonctions. Je n’ai pas une conception comptable et commerciale des relations de l’administration avec les usagers du service public. L’éducation familiale et la culture du service public que je revendique ne m’ont pas doté d’une main qui reçoit de l’usager. Dieu merci.
Mama DJENEPO,
Administrateur civil
Source: La Preuve
