A l’occasion de sa rencontre avec la classe politique le mardi 08 Août 2023, le ministre d’État, ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, Colonel Abdoulaye Maïga a tenté de rassurer l’assistance. Pour la circonstance, il a exprimé la volonté des autorités de la transition à tenir les élections pour le retour à l’ordre constitutionnel.
Pour lever l’équivoque sur la tenue des élections générales, le ministre de la transition a donné des assurances à la classe politique. Nonobstant sa volonté à obtenir un léger report de la présidentielle de 3 à 18 mois, il indique que les autorités n’ont aucune volonté de perdurer au pouvoir comme le prétendent certains. C’était au cours de sa rencontre avec les formations politiques. Pour la circonstance, les partis politiques souhaitent l’organisation des autres scrutins après celui du référendum constitutionnel. Mais le ministre de l’Administration territoriale, colonel Abdoulaye Maïga, cherche à obtenir un autre chronogramme électoral. La question était au centre d’une rencontre tenue la semaine dernière. Au cours des débats, sur un total de 291 partis politiques saisis, 81 ont fait des propositions, soit 27,83%. Tandis que certaines propositions tournent essentiellement autour de la prorogation du délai de la Transition de 3 à 18 mois afin de bien organiser les élections à venir, d’autres tiennent au respect du chronogramme initialement adopté par le gouvernement.
Au cours de cette rencontre entre le ministre de l’administration territoriale, beaucoup de formations politiques ont proposé de tenir l’élection présidentielle à la date indiquée dans le chronogramme et de coupler les autres élections après. D’autres ont choisi l’organisation des élections en 2024, pourvu que les conditions sécuritaires soient réunies dans le pays. Certains ont souhaité que l’on organise les élections législatives en premier lieu, ensuite l’élection présidentielle. Le Mali a organisé avec succès le référendum constitutionnel dont les résultats définitifs ont été proclamés par la Cour constitutionnelle à la suite du président la Constitution a été promulguée par le décret n°2023-0401/PT-RM du 22 juillet 2023 du de la Transition. L’adoption de la nouvelle Constitution marque une étape importante vers la concrétisation des engagements pris par les autorités de la Transition pour le retour à l’ordre constitutionnel.
Contrairement, à la date initiale indiquée dans le chronogramme, le référendum constitutionnel demandé par le peuple à plusieurs occasions, notamment lors des Assises nationales de la refondation (ANR), a été organisé avec un léger retard dû à la volonté du gouvernement d’obtenir un large consensus sur le projet de Constitution. Mais aussi à l’opérationnalisation de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) et à l’installation de ses démembrements. Le chronogramme prévoyait, à la suite du référendum, l’organisation des élections des conseillers des collectivités territoriales, suivie des élections législatives et celle du président de la République. Nul besoin de rappeler que le décalage de trois mois de la date initiale du référendum a eu un impact sur tout le reste du chronogramme des élections.
Le ministre chargé de l’Administration territoriale a réaffirmé l’engagement du gouvernement à réussir la mise en œuvre de toutes les réformes politiques majeures et l’organisation d’élections transparentes, justes et apaisées, conformément à la vision du chef d’État. Le colonel Abdoulaye Maïga a souligné la volonté des autorités de retourner à un ordre constitutionnel normal et apaisé. « Il n’y a aucune volonté de prendre en otage la Transition ou de perdurer au pouvoir comme certains aiment bien le dire», a déclaré le Colonel Maïga. Pour preuve, soutiendra-t-il, il y a eu la tenue du référendum constitutionnel, à en croire le ministre. « Aujourd’hui, nous avons une Constitution qui consacre la 4è République et c’est le point de départ d’un retour à un ordre constitutionnel”, a-t-il précisé
Pendant ce temps, certains organes de la transition montrent des signes de lassitude. Ainsi, le Conseiller National Salif KEITA, icône de la musique, considérant son agenda et pour des raisons personnelles, a décidé de démissionner du Conseil National de Transition (CNT). Par acclamation, le Président du Conseil National de Transition, le Colonel Malick Diaw et tous les membres du CNT lui ont rendu hommage tout en le remerciant pour le service rendu à la Nation. Le travail parlementaire exigeant énormément de temps, de présence aux travaux des commissions et de présence régulière aux séances plénières, Salif Keïta a décidé de se retirer afin de pouvoir faire face à sa carrière musicale.
Des analystes estiment que la gestion de sa carrière pourrait justifier ce retrait. Selon ses proches, il devait au mois de juillet dernier se produire en France, à Madrid et à Rotterdam. Ces rendez-vous de sa carrière musicale ont ainsi été annulés, probablement pour des raisons politiques. Ce qui est sûr, Salif veut continuer à vivre de son art, ce qui expliquerait son choix de se consacrer à la musique plutôt qu’à la politique, notamment son poste de conseiller au CNT. D’ailleurs, l’artiste serait programmé en septembre et octobre prochains dans plusieurs villes d’Europe.
Le choix de Salif arrive au moment où les relations sont loin de se normaliser entre la France et le Mali. Les partenaires européens de l’artiste et les autorités de la transition malienne sont opposés sur le plan diplomatique. Le Mali et le Burkina Faso ne s’entendent plus avec la CEDEAO. La France qui est le soutien de la CEDEAO en est arrivée à suspendre la délivrance des visas pour le Mali. C’est dire que les choses ne pourraient pas s’arranger de sitôt, surtout que Bamako est dans une logique de prorogation de la transition. Salif est également attendu à Oslo, Stockholm, Prague et bien d’autres villes d’Europe.
Oumar KONATE
