
Au regard de la confusion de plus en plus créée par certains Maliens vivants au Mali se réclamant et parlant souvent au nom des compatriotes établis à l’extérieur, le 13 septembre 2021, le Gouvernement de transition a adopté le décret portant statut des Maliens établis à l’extérieur. Ce, afin de préciser qui est Malien établi à l’extérieur et qui ne l’est pas. Le présent décret qui avait suscité un réel espoir chez nos compatriotes vivants à l’étranger provoque des remous. Car, plus de 2 ans après son adoption, cet important mécanisme permettant de faire la distinction entre les Maliens de l’intérieur et nos compatriotes de la Diaspora n’est toujours pas appliqué. Le mutisme entretenu par le gouvernement autour de ce sujet devient de plus en plus très lourd à supporter et le culpabilise davantage.
Dévastés par l’inapplication du décret portant statut des Maliens établis à l’extérieur, les compatriotes de la diaspora commencent à douter de la volonté de la refondation prônée par les autorités de la transition. Car, estiment-ils, eu égard du comportement de certains Maliens de l’intérieur agissant au nom de ceux établis à l’extérieur, si le décret susmentionné n’existait pas, il fallait l’adopter. Malheureusement, récrimine-t-on, la nouvelle tournure qu’est la non application de ce décret jette non seulement le discrédit sur le gouvernement aux jeux des concitoyens concernés, mais aussi devient un sujet à caution.
Du point de vue de nos compatriotes établis à l’extérieur, l’application de ce décret ne fait pas l’affaire de certains qui, malgré leur retour au pays depuis belle lurette, continuent de revendiquer la qualité de Malien établis à l’extérieur. Face à cette usurpation de titre, le présent décret est perçu comme un véritable instrument contre ce mélange de choux et des salades savamment orchestré par des vrais faux Maliens établis à l’extérieur. Qui, agissent et parlent impunément au nom de la Diaspora malienne sans en avoir la qualité. Aujourd’hui, c’est avec grincement de dents que la diaspora assiste à ce phénomène où elle est représentée facétieusement dans les institutions de la République et associations par des gens qui n’ont pas qualité à agir en son nom.
Ce désordre ambiant auquel le gouvernement refuse d’y mettre fin nonobstant l’adoption d’un décret relatif à ce sujet suscite des questionnements suivants au sein de la diaspora : y a-t-il des mains invisibles qui bloquent l’application de décret ? A qui profite le crime ?
Faut-il le préciser, le décret du 13 septembre 2021, est un véritable instrument qui définit désormais le statut des Maliens établis à l’extérieur. Il stipule en son article 2 : « Est malien établi à l’extérieur : tout citoyen malien qui, après avoir quitté le Mali, s’est établi de manière permanente ou temporaire dans un autre pays, depuis au moins 180 jours consécutifs ; tout citoyen né et résidant à l’étranger, dont l’un des parents au moins est Malien et dont la déclaration de naissance a été établie au niveau d’une Mission diplomatique ou consulaire du Mali ou transcrite au Centre spécial d’état civil».
Mieux, l’article 4 fixe les conditions dans lesquelles un Malien établi à l’extérieur perd cette qualité. Il renchérit : « Le statut de malien établi à l’extérieur est incompatible avec celui de malien de l’intérieur. A ce titre, le Malien établi à l’extérieur, de retour au Mali de plus de 180 jours, ne peut se prévaloir de ce statut pour siéger dans une structure ou instance dédiée aux Maliens établis à l’extérieur ni les représenter dans une association de maliens établis à l’extérieur. » La clarté du document est censée être la solution à la confusion entretenue par certains anciens membres influents de la diaspora. Mais, ceux-ci semblent être à la manœuvre pour bloquer son application.
De toutes les façons, les Maliens établis à l’extérieur sont déterminés à donner de la voix afin que ce décret soit appliqué pour mettre fin à la duplicité.
Oumar KONATE
