Membre de la finalisation du projet de Constitution, membre du Conseil national de transition (CNT), Mamadou Diarrassouba a procédé à la vulgarisation du projet de Constitution samedi 20 au dimanche 21 mai 2023 dans la région de Dioïla. Son argumentaire pour expliquer le bienfondé de cette réforme Constitutionnelle a convaincu la population de la région qui n’attend que le jour du scrutin pour assurer une victoire écrasante au Oui.
Dans la salle pleine à craquer de l’amphithéâtre de Dioïla, les représentants des 362 villages des 23 communes de la région ont écouté religieusement les argumentaires de Mamadou Diarrassouba qui, avec pédagogie et aisance, a su édifier et convaincre l’assistance.
Pour la circonstance, le préfet de Dioïla, Alidji Bagna, visiblement satisfait, a indiqué que cette grande mobilisation autour de la vulgarisation du projet de Constitution est un motif de fierté et une marque de considération et de soutien envers la transition. Partant, saluera-t-il Mamadou Diarrassouba pour cette initiative. Pour lui, les efforts consentis par les autorités de la transition sont un enjeu majeur qui permettra de fixer un cap pour un nouveau Mali.
Tout comme à Massigui, ila levé l’équivoque sur les articles autour desquels certains veulent entretenir la confusion, avant de mettre l’accent sur les innovations majeures qui répondent aux aspirations profondes du peuple. Notamment : l’article 32 consacré à la laïcité, qui était sujet à confusion, a été clarifié par Diarrassouba, dans un bambara clair. Pour lui, la laïcité inscrite dans le projet de Constitution a été fait sous le contrôle des représentants des confessions religieuses (musulmans et chrétiens) dans la commission de finalisation de la Constitution. Ceux-ci, ajoute-t-ils, ont estimé que le mot laïcité ne doit nullement heurter la sensibilité d’une personne dotée du sens de la culture de la paix et de la tolérance. Car, argumentera-t-il, l’article 32 dispose : « La laïcité ne s’oppose pas à la religion et aux croyances. Elle a pour objectif de promouvoir et conforter le vivre-ensemble fondé sur la tolérance, le dialogue et la compréhension mutuelle. L’Etat garantit le respect de toutes les religions, des croyances, la liberté de conscience et le libre exercice des cultes dans le respect de la loi ». A la suite de ces interventions, les leaders religieux ont accordé leur violon pour que cette disposition ne soit plus un sujet à polémique.
L’article 9 relatif au mariage est une innovation majeure. Euegard à certaines pratiques sataniques dans certains pays, où les hommes se marient et les font autant, l’article 9 constitue un garde-fou contre les incrédules qui tenteraient ces pratiques au Mali. Car, précise-t-il : « Le mariage et la famille, qui constituent le fondement naturel de la vie en société, sont protégés et promus par l’Etat. Le mariage est l’union entre un homme et une femme».
D’ailleurs, l’article 31 qui valorise nos langues nationales a été apprécié par l’auditoire. Ledit article dispose que « les langues nationales sont les langues officielles du Mali.
Une loi organique détermine les conditions et les modalités de leur emploi.
Le français est la langue de travail ». Dans son exposé, Mamadou Diarrassouba a indiqué que cette disposition permet aux citoyens de s’adresser à l’administration dans sa langue locale. Par contre, souligne-t-il, les institutions doivent communiquer entre elles en français, langue de travail.
L’autre disposition qui suscite de l’enthousiasme auprès de la population de la région de Dioïla est l’article 46 ainsi stipulé : « Tout candidat aux fonctions de Président de la République doit être de nationalité malienne d’origine et ne posséder aucune autre nationalité à la date de dépôt de la candidature.Il doit jouir de tous ses droits civils et politiques, être de bonne moralité et de grande probité.
Il doit être âgé de 35 ans au moins et de 75 ans au plus à la date de dépôt de la candidature et être apte à exercer la fonction».
Le règlement traditionnel de la justice donnant ainsi de la valeur ajoutée aux notabilités traditionnelles est apprécié à sa juste valeur.
Soulignons que plusieurs articles tels que les articles 7, 24, 31, 32, 37, 36, 44, 45, 46, 47, 53, 60, 69, 84, 95 et 129 et suivants ont été détaillés à la population.
L’autre innovation qui a retenu l’attention de l’auditoire est incluse dans l’article 129. Il s’agit des modes alternatifs et traditionnels de règlement des différends autorisés dans les conditions
déterminées par la loi.
Ce chapitre a été conclu par l’approbation du projet par les représentants des 362 villages de la nouvelle région de Dioïla.
Le camp militaire de Dioïla
Profitant de cette rencontre, l’assistance a sollicité Mamadou Diarrassouba de servir de relai auprès des autorités de la transition pour l’installation d’un camp militaire à Dioïla. En retour, ce dernier partagera cette préoccupation en précisant qu’il souhaite qu’à l’instar des autres localités du pays, le ministre de la Défense, colonel Sadio Camara, procède à la pose de la 1ère pierre du camp militaire de Dioïla.
Oumar KONATE
