Il y a de cela quelques mois, le Mali est confronté à des perturbations d’approvisionnement en carburant. Cela fait suite aux attaques des groupes armés non identifiés (GAT) perpétrées contre les camions-citernes. Nonobstant ces perturbations, les autorités ont su maintenir le prix normal à la pompe. Hormis les spéculateurs, les prix pour l’essence et le gasoil restent inchangés. Un sacrifice qui occasionne un manque à gagner de 32 milliards fcfa pour les douanes maliennes.
Du terrorisme sécuritaire au terrorisme économique, le gouvernement s’adapte aux différentes stratégies développées par les groupes armés non indéfiés.
Après avoir été vaincues sur le théâtre des opérations, les terroristes ont changé de cible. Acculés au niveau des cibles militaires, ils se voient contraints d’attaquer les cibles économiques afin de poursuivre les actions de terreur.
Certes, aux premières heures de cette nouvelle stratégie, ils avaient réussi à perturber l’approvisionnement correct du pays en carburant.
Cependant, animées par l’engament à neutraliser le terrorisme sous toutes ces formes, avec promptitude, les autorités ont opposé des actions fortes. Le transport des hydrocarbures a été réorganisé. Pour assurer l’économie nationale en générale et celle des acteurs intervenant dans le pétrole en particulier, l’approvisionnement se fait désormais par convoi. Des frontières des pays côtiers à Bamako ou aux capitales régionales, lesdits convois sont escortés par les forces de défense et de sécurité du Mali. Du transport au ravitaillement jusqu’à la distribution au niveau des pompes, des mesures rigoureuses ont été opérées.
Il est évident qu’à l’instar des difficultés liées à tout changement, le présent n’a pas fait exception à la règle. Mais, au fil du temps, le gouvernement a travaillé d’arrache-pied pour parfaire la situation.
L’autre fait le plus marquant qui a séduit même chez les détracteurs du régime fut la bonne organisation de l’approvisionnement du pays en carburant dans ses conditions difficiles.
Le plus impressionnant dans ce désastre planifié depuis l’extérieur a été le maintien du prix du carburant à la pompe.
Tout comme avant la crise, les prix du litre du carburant restent inchangés. Il se présente comme suit : 775 FCFA le litre pour le supercarburant et de 725 FCFA le litre pour le gasoil.
Cependant, sur le marché informel, communément appelé marché noir, le prix du litre a atteint jusqu’à 2 000 FCFA ou plus dans certaines régions. Ce, malgré les efforts des autorités pour réguler les prix et assurer l’approvisionnement, notamment grâce à l’arrivée des centaines de camions citernes par semaine. D’autres mesures sont en cours afin que cessent la surenchère qui domine le marché informel, apprend-t-on des sources proches du gouvernement.
Plus de 32 milliards de pertes pour l’économie nationale
Pour maintenir le prix à la pompe, précisons-le, le gouvernement a consenti d’énormes sacrifices. «Le maintien du prix tout en contenant l’augmentation du coût du transport occasionne un manque à gagner de 32 milliards fcfa pour les douanes maliennes», précise une source bien introduite.
Ainsi, le Mali a déjoué les mauvais pronostics des faux prophètes qui annonçaient la chute imminente de Bamako. Pire, ils avaient commencé à comparer le Mali à la situation politique en Syrie. Mais, grâce à la détermination et à la vision éclairée de nos autorités, rien n’y fut de tout cela.
Faut-il le rappeler, outre l’escorte des camions-citernes par les forces armées, l’implication du ministre de l’économie finances, Sanou à travers les souplesses dans les procédures de dédouanement et autres a été déterminante.
Le chef du gouvernement aussi n’est pas resté en marge. Il a multiplié les contacts avec les opérateurs pétroliers du Mali pour qu’ensemble, on puisse arriver à ce résultat.
Oumar KONATE
