Ce samedi 11 octobre 2025, la Fédération des Géo scientistes du Mali (FEGEM) a célébré au Mémorial Modibo Keïta la 6e édition de la journée du Géologue du Mali. L’édition 2025 était placée sous le thème : « La géologie au service du développement durable et du développement des ressources énergétiques, pas de développement durable sans les femmes ».
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, en présence du président de la FEGEM, Dr Madani Diallo, expert géologue, de nombreux acteurs du secteur minier, ainsi que de plusieurs femmes professionnelles du domaine, dont l’ancienne ministre des Mines, Mme Lelenta Hawa Baba Ba.
Parmi les interventions marquantes, celle de Mme Maïmouna Salamenta, directrice générale de Moulina SARL, une société spécialisée dans l’exploitation minière, la consultation et la sous-traitance, a particulièrement retenu l’attention.
Dans son allocution, la directrice générale de Moulina SARL évoluant dans l’exploration et exploitation minière a salué la réussite de l’événement et la qualité des panels, notamment celui qu’elle a animé sur l’accès des femmes aux formations et carrières scientifiques dans les géosciences au Mali et en Afrique.
« Ce sont des thématiques stratégiques dans le contexte actuel. Les femmes ont un rôle essentiel dans le développement durable et la valorisation des ressources du sous-sol. Pourtant, elles sont quasiment absentes des postes clés dans les industries minières », a-t-elle déclaré.
Partant, a-t- elle argumenté, les femmes représentent moins de 1 % des professionnels dans le secteur minier au Mali, en dehors de l’artisanat. Une situation qu’elle juge alarmante et qui appelle à des politiques ciblées d’inclusion et de valorisation des compétences féminines dans le domaine.
Un secteur minier à la croisée des chemins
La directrice générale a également dénoncé les difficultés sécuritaires croissantes, qui freinent le développement des projets miniers, notamment dans les régions comme Sikasso.
« Aujourd’hui, on ne peut même plus se rendre en sécurité sur nos sites. J’ai des projets à Sikasso et à Kayes, mais y accéder est devenu un risque. Les investisseurs injectent des millions, mais sans garantie de retour. Les taxes, les obligations réglementaires, elles, ne s’arrêtent pas. Nous demandons à l’État de protéger nos investissements et de garantir la sécurité dans les zones minières », a soutenu Maïmouna Salamenta.
S’adressant aux jeunes, et plus particulièrement aux jeunes filles, la patronne de Moulina SARL a lancé un appel à s’engager dans les métiers des géosciences : hydrogéologie, géologie appliquée, stratigraphie, métallurgie, tectonique, etc.
« Ce sont des métiers d’avenir. Le Mali a besoin de ces compétences, mais il manque cruellement de ressources humaines qualifiées. Il est temps que l’État accompagne les jeunes filles avec des bourses d’excellence et soutient les professionnels pour des formations de spécialisation », a-t-elle déclaré.
Avant d’insister sur la nécessité d’aligner la politique du contenu local avec un investissement massif dans le capital humain : « Le contenu local ne peut exister sans champions nationaux. Il faut former des experts, développer des compétences, et cela passe par l’investissement dans le savoir, l’innovation et une gouvernance durable », souligne-t-elle.
À travers son plaidoyer, Mme Maïmouna Salamenta a remis au centre des débats la place des femmes, des jeunes et de la sécurité dans le développement du secteur minier au Mali.
Son message est clair : pas de développement durable sans inclusion, sans compétences locales et sans sécurité.
Sidy COULIBALY
