Sous la présidence de l’ambassadeur plénipotentiaire de la Guinée Conakry au Mali, au Niger et au Burkina, Abdoulaye Fofana, a eu lieu la vulgarisation de l’avant-projet de la nouvelle Constitution de la Guinée Conakry. L’événement animé par Ousmane Dadi Camara, membre du CNT de Guinée s’est tenu ce samedi 23 novembre 2024, la résidence de l’ambassadeur de la Guinée Conakry à Bamako.
Pour garantir une adhésion massive des Guinéens à la nouvelle Constitution, les autorités guinéennes ont dépêché une délégation conduite par Ousmane Dadi Camara afin d’expliquer l’avant-projet de la nouvelle constitution aux Guinéens vivants au Mali.
Pour la circonstance, l’ambassadeur plénipotentiaire, Abdoulaye Fofana rappellera que le Général d’armée, Mamadi Doumbouya, Président de la transition de la Guinée est engagé à refonder la Guinée Conakry pour le bonheur du peuple. Cette volonté, explique son excellence Fofana, passe nécessairement par la mise en place des structures Guinéennes pouvant contribuer à asseoir une nouvelle République tournée vers son développement. « Cet avant-projet de Constitution est ce qui nous ressemble et ce qui nous assemble», a-t-il déclaré. Avant de préciser que cette loi qui sera soumise au référendum requiert une bonne vulgarisation d’où l’importance de la présente séance. Il a saisi cette occasion pour saluer ses collaborateurs, le Conseil de Guinée et toutes les associations pour leur contribution à la réussite du présent événement.
S’agissant du représentant du Conseil de Guinée, Habib Diallo, il a salué cette initiative espérant qu’elle permettra de prendre en compte les aspirations des Guinéens en général et ceux de la diaspora en particulier.
Dans son intervention, Ousmane Dadi Camara en terrain connu pour avoir effectué ses études au Mali où ses parents y vivent, il a eu les mots justes pour accrocher l’assistance.
Après avoir salué la représentation diplomatique et consulaire pour la réussite de l’organisation de cette séance de vulgarisation, il a rassuré la communauté que les 205 articles de l’avant-projet de la Constitution tiennent compte des préoccupations de tous ses compatriotes.
Pour une Guinée nouvelle, précise M. Camara, il faut une bonne fondation d’où la nécessité de doter le pays d’une Constitution solide et des institutions fortes. Après avoir présenté le préambule à l’assistance, les points essentiels contenus dans les trois grandes parties du document ont été largement expliqués à l’auditoire. Il s’agit des 29 innovations majeures réparties entre les droits et devoirs des Guinéens, des institutions de la république et des titres spécifiques.
Quelques grandes lignes
L’article 1er stipule que la Guinée est un État indépendant et souverain. Elle est une République unitaire, indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Le français est la langue officielle de la République de Guinée, précise l’article 2. L’État garantit l’enseignement des langues nationales. Il garantit la traduction des lois et des actes officiels de la République dans les langues nationales.
A l’article 3, on note que la souveraineté nationale appartient au peuple. Le peuple exerce la souveraineté directement par la voie du référendum et indirectement par ses représentants élus ou désignés conformément à la présente Constitution. Les représentants légitimes investis du pouvoir d’exercer la souveraineté nationale sont : le Président de la République et les membres du Parlement. Aucun individu, aucune fraction du peuple ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté nationale.
A l’article 7, il est précisé : Article 7 : Les êtres humains naissent et demeurent libres et égaux en dignité et en droits. Toutes les formes de discrimination basées sur l’ethnie, la région, la religion, la couleur de la peau, le sexe, le patronyme, la langue, l’état physique ou mental ainsi que les croyances et les opinions politiques, philosophiques ou religieuses sont proscrites. Nul ne peut être privilégié ou désavantagé pour les raisons énumérées à l’alinéa 2. L’État promeut la parité homme/femme dans les conditions déterminées par la loi. Aussi, la laïcité est garantie. L’État garantit la liberté de conscience et de culte. Il garantit à toute personne la libre profession de sa foi, la pratique d’une religion ou d’un culte sur toute l’étendue du territoire national, dans le respect de la loi et de l’ordre public. Les institutions et les communautés religieuses se créent et s’administrent librement, dans le respect de la loi et de l’ordre public.
Faut-il le préciser, le projet de Constitution de la Guinée prévoit la création d’un Senat et garanti la gratuité de l’éducation pour les Guinéens ainsi que la suppression de la peine de mort. S’y ajoute la reconnaissance des avantages aux anciens Premiers ministres.
Maîtrisant sa matière, Ousmane Dadi Camara a bouclé sa présentation sous les ovations de la communauté guinéenne acquise pour la cause. Toutefois, certains ont demandé aux autorités d’approfondir la réflexion sur la suppression de la peine de mort et de préciser qui est Guinéen et qui peut l’être.
Oumar KONATE
